Quinzième aspect : un corps ne saurait agir sur un autre qu’au moyen du contact direct ; or ces astres n’ont aucun contact avec nos membres, nos corps ni nos âmes, de sorte qu’il est impossible qu’ils produisent en nous le moindre effet (1).
Au mieux, dira-t-on, bien qu’ils ne touchent pas nos organes, leurs rayons atteignent tout de même nos corps. — Nous répondons : l’influence d’un rayon, incontestablement, se limite à l’échauffement lorsque l’astre se trouve au zénith (2) ou au refroidissement lorsqu’il s’en écarte ; une fois ce principe admis, il découle que l’action de ces corps célestes dans ce monde ne dépasse pas le simple réchauffement ou refroidissement.
Prétendre, en revanche, qu’ils dispensent sciences et vertus, amour et haine, alliance et inimitié, chasteté et liberté (3), bassesse et perversité, ruse et tromperie, voilà qui sort du champ de la raison des gens sensés ; c’est l’une des pires sornettes et inepties des astrologues.
Si l’on objecte : « L’échauffement et le refroidissement entraînent la diversité des tempéraments corporels, et celle-ci engendre la diversité des actes de l’âme », nous répondrons : nous constatons certes que l’échauffement induit dans le tempérament chaleur et véhémence, par lesquelles