Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est là une erreur manifeste : les expériences qui ont prouvé le mensonge de cette prétention, son inanité et le fait que la réalité se déroule tout autrement, sont d’innombrables fois plus nombreuses que celles qui paraîtraient l’accréditer, comme nous en citerons bientôt, si Allah le veut, une simple goutte tirée de cet océan.

C’est pourquoi Abû Nasr al-Fârâbî (1) a déclaré : « Sache que, si tu renversais (2) l’ensemble des schémas des astrologues — déclarant chaud ce qu’ils disent froid, froid ce qu’ils disent chaud, faste ce qu’ils jugent néfaste, néfaste ce qu’ils estiment faste, masculin ce qu’ils tiennent pour féminin et féminin ce qu’ils tiennent pour masculin — puis que tu rendais tes jugements sur cette base, tes sentences seraient exactement de la même espèce que les leurs : parfois justes, d’autres fois erronées. » (3)

Qu’avez-vous donc d’autre à offrir que de simples intuitions, des conjectures et des suppositions fallacieuses ?!

On rapporte (4) qu’une femme se rendit chez un astrologue et lui remit un dirham. Il dressa son thème, formula son jugement et déclara : « L’ascendant annonce ceci. » Elle répondit : « Il n’en est rien ! » Il reprit alors le calcul : « Il annonce cela. » Elle le réfuta de nouveau. Jusqu’à ce qu’il conclût : « Il indique une ponction dans le Trésor public (5). » — « Cette fois, tu as dit vrai, s’exclama-t-elle ; c’est le dirham que je viens de te donner ! »

(1) Muḥammad ibn Muḥammad ibn Tarkhān, le philosophe (Abū Naṣr al-Fārābī), auteur de nombreux traités ; m. 339 H. Voir : Akhbār al-ḥukamāʾ, p. 382 ; al-Siyar, 15/416. (2) Les manuscrits de base portent « qabilat » ; la leçon correcte sera indiquée p. 1313. (3) La même idée, sous une formulation équivalente, se trouve dans son épître « Mā yaṣiḥṣ wa mā lā yaṣiḥ min aḥkām an-nujūm » (1/300, Rasāʾil). Voir aussi : as-Sirr al-maktūm, p. 86 ; Majmūʿ al-fatāwā, 35/182. (4) Voir : ar-Risāla al-Miṣriyya d’Abū l-Ṣalt Umayya ibn ʿAbd al-ʿAzīz (1/45, Nawādir al-makhṭūṭāt) et Akhbār al-ḥukamāʾ d’al-Qifṭī, p. 252 ; les deux sources nomment l’astrologue Rizq Allāh an-Naḥḥās. (5) Les deux références précédentes mentionnent « Bayt Mālik ». L’explication du terme qaṭʿ sera donnée p. 1455.
وهذا خطأٌ بيِّن؛ فإنَّ التَّجارب التي دلَّت على كذب ذلك وبطلانه ووقوع الأمر بخلافه أضعافُ أضعاف التجربة التي دلَّت على صدقه، كما سنذكرُ قطرةً مِنْ بحره عن قريبٍ إن شاء الله. ولهذا قال أبو نصر الفارابي (١): واعْلم أنك لو قَلَبْتَ (٢) أوضاعَ المنجِّمين، فجعلتَ الحارَّ باردًا، والباردَ حارًّا، والسَّعْدَ نحْسًا، والنَّحْسَ سعدًا، والذكرَ أنثى، والأنثى ذكرًا، ثمَّ حَكَمْتَ؛ لكانت أحكامُك مِن جنس أحكامهم، تصيبُ تارةً وتخطاء تارات (٣). وهل معكم إلا الحَدْسُ والتخمينُ والظُّنون الكاذبة؟! ولقد حُكِيَ (٤) أنَّ امرأةً أتت منجِّمًا فأعطته درهمًا، فأخَذ طالعَها، وحَكَمَ وقال: الطالعُ يُخْبِرُ بكذا، فقالت: لم يكن شيءٌ من ذلك! ثم أخَذ الطالعَ وقال: يُخْبِرُ بكذا. فأنكرَتْه! حتى قال: إنه ليدلُّ على قَطْعٍ في بيت المال (٥)، فقالت: الآن صدقتَ، وهو الدِّرهم الذي دفعتُه إليك!!
(١) محمد بن محمد بن طرخان، الفيلسوف، صاحب التصانيف (ت: ٣٣٩). انظر: «أخبار الحكماء» (٣٨٢)، و «السير» (١٥/ ٤١٦). (٢) في الأصول: «قبلت». وستأتي على الصواب (ص: ١٣١٣). (٣) العبارة بالمعنى في رسالته «ما يصح وما لا يصح من أحكام النجوم» (١/ ٣٠٠ - رسائله). وانظر: «السر المكتوم» (٨٦)، و «مجموع الفتاوى» (٣٥/ ١٨٢). (٤) انظر: «الرسالة المصرية» لأبي الصلت أمية بن عبد العزيز (١/ ٤٥ - نوادر المخطوطات)، و «أخبار الحكماء» للقفطي (٢٥٢)، ففيهما أنَّ المنجم هو رزق الله النحاس. (٥) في المصدرين السابقين: بيت مالك. وسيأتي تفسير القَطْع (ص: ١٤٥٥).

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