C’est là une erreur manifeste : les expériences qui ont prouvé le mensonge de cette prétention, son inanité et le fait que la réalité se déroule tout autrement, sont d’innombrables fois plus nombreuses que celles qui paraîtraient l’accréditer, comme nous en citerons bientôt, si Allah le veut, une simple goutte tirée de cet océan.
C’est pourquoi Abû Nasr al-Fârâbî (1) a déclaré : « Sache que, si tu renversais (2) l’ensemble des schémas des astrologues — déclarant chaud ce qu’ils disent froid, froid ce qu’ils disent chaud, faste ce qu’ils jugent néfaste, néfaste ce qu’ils estiment faste, masculin ce qu’ils tiennent pour féminin et féminin ce qu’ils tiennent pour masculin — puis que tu rendais tes jugements sur cette base, tes sentences seraient exactement de la même espèce que les leurs : parfois justes, d’autres fois erronées. » (3)
Qu’avez-vous donc d’autre à offrir que de simples intuitions, des conjectures et des suppositions fallacieuses ?!
On rapporte (4) qu’une femme se rendit chez un astrologue et lui remit un dirham. Il dressa son thème, formula son jugement et déclara : « L’ascendant annonce ceci. » Elle répondit : « Il n’en est rien ! » Il reprit alors le calcul : « Il annonce cela. » Elle le réfuta de nouveau. Jusqu’à ce qu’il conclût : « Il indique une ponction dans le Trésor public (5). » — « Cette fois, tu as dit vrai, s’exclama-t-elle ; c’est le dirham que je viens de te donner ! »