Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

constituerait l’ascendant, et serait dès lors absolument équivalente aux autres secteurs, le jugement qui vaut pour ces derniers demeurant identique.(1)

Mais si les secteurs diffèrent par leur essence et leur nature, il ne fait aucun doute que la sphère céleste est un corps d’une immensité prodigieuse : on rapporte même que, lorsqu’un coureur d’une vigueur extrême lève puis repose le pied, la sphère s’est déjà déplacée de trois mille milles.(2)

Dès lors, entre l’instant où l’enfant sort du ventre de sa mère et celui où l’astrologue saisit l’astrolabe(3) pour relever l’élévation, la sphère aura tourné l’équivalent de toute la terre plusieurs milliers de fois.

Par conséquent, le secteur que l’astrologue détermine au moyen de l’astrolabe n’est pas, à proprement parler, le véritable ascendant.(4) Et si les secteurs célestes sont hétérogènes quant à leur nature et à leur essence, il apparaît clairement qu’établir l’ascendant est impossible.

Vos érudits eux-mêmes l’ont reconnu en disant : certes, les choses se passent ainsi, mais l’expérience a montré que cet ascendant, bien qu’il soit impossible à l’homme de le saisir, fournit néanmoins une part considérable de connaissance préliminaire,(5) malgré les nombreux vices que vous venez d’énumérer ; il ne saurait donc être totalement négligé.

(1) Le manuscrit T indique : « la portion qui correspond à l’ascendant et le jugement applicable aux autres portions ne font qu’un ». (2) Voir : Ibn Taymiyya, Al-Matalib al-‘Aliyya, t. 8, p. 156. (3) Terme orthographié tantôt avec ṣād, tantôt avec sīn ; d’origine grecque et arabisée, il désigne un instrument dont se servaient les anciens astronomes pour déterminer la position des planètes, mesurer leur hauteur et connaître l’heure ainsi que les directions cardinales. Voir : Qasd al-Sabil, 1/194 ; Al-Muʿjam al-Wasit, p. 17. (4) Voir : Fakhr al-Din al-Razi, Abkar al-Afkar, t. 2, p. 272. (5) Les manuscrits portent « Muqaddima », lecture fautive qui sera expliquée p. 1310.
هو الطالعُ مساويًا لسائر الأجزاء، وحُكمُ سائر الأجزاء واحدًا (١)، وإن كانت الأجزاءُ مختلفةً في الماهيَّة والطبيعة فلا ريب أنَّ الفلَك جِرْمٌ في غاية العظمة، حتى قالوا: إنَّ الرجلَ الشَّديد العَدْو إذا رَفَع رجلَه ووَضعَها يكون الفلَك قد تحرَّك ثلاثةَ آلاف ميل (٢). وإذا كان كذلك، فمِن الوقت الذي ينفصلُ الولدُ من بطن أمِّه إلى أن يأخذَ المنجِّمُ الأصطرلاب (٣) ويأخذَ الارتفاعَ يكون الفلَكُ قد تحرَّك مثلَ كلِّ الأرض كذا ألف مرَّة. وإذا كان الأمرُ كذلك، فالجزءُ الذي يأخذُه المنجِّمُ بالأصطرلاب ليس الجزءَ الطالعَ في الحقيقة (٤)، وإذا كانت الأجزاءُ الفلَكيَّة مختلفةً في الطبيعة والماهيَّة عَلِمْنَا أنَّ أخذَ الطوالع محال. وقد اعترف فضلاؤكم بهذا، وقالوا: إنَّ الأمر وإن كان كذلك إلا أنَّ التجربةَ قد دلَّت على أنَّ هذا الطالعَ الذي تعذَّر على الإنسان تحصيلُه يدلُّ على كثيرٍ من تَقْدِمة (٥) المعرفة، مع ما فيه من الخلل الكثير الذي ذكرتم، فوجبَ أن لا يُهْمَل.
(١) (ت): «كان الجزء الذي هو الطالع وحكم سائر الأجزاء واحد». (٢) انظر: «المطالب العالية» (٨/ ١٥٦). (٣) بالصَّاد وبالسين، يونانيةٌ معربة، آلة استعملها الفلكيون القدماء في تعيين مواضع الكواكب، وقياس ارتفاعها، ومعرفة الوقت والجهات الأصلية. انظر: «قصد السبيل» (١/ ١٩٤)، و «المعجم الوسيط» (١٧). (٤) انظر: «أبكار الأفكار» (٢/ ٢٧٢). (٥) في الأصول: «مقدمة». وهو تحريف. وسيأتي بيانها (ص: ١٣١٠).

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