pas la science des jugements astrologiques ; et c’est là, en vérité, la majorité des êtres. Quant aux voyants, dans cette comparaison, ce sont les spécialistes de cette science (1), qui forment une infime minorité. L’image de la route jalonnée de puits profonds et mortels figure le temps qui s’écoule pour l’ensemble des créatures (2). Quant à ces puits, ils représentent les calamités, les épreuves et les afflictions qui surviennent au fil du temps.
Si donc cette science était fondée, il faudrait que les astrologues fussent ceux qui remportent la part la plus complète de richesse, de sécurité et de bienfaits, et que leur protection surpassât toute autre. Or il est notoire que c’est l’inverse : le plus souvent, les astrologues eux-mêmes, ainsi que ceux qui les écoutent et se conforment à leurs avis, connaissent le déclin, la malchance et la privation ; la réalité l’atteste on ne peut plus clairement. Si nous entreprenions de rapporter tous les faits constatés à cet égard et consignés par les chroniqueurs, ils se compteraient par plusieurs milliers.
Tu ne trouveras personne qui se soit conformé à cette science et s’y soit astreint dans ses démarches et ses choix sans que sa fin ne tende vers quelque revers, quelque préjudice ou quelque malheur dont nul autre n’est frappé ; quiconque possède une large connaissance des affaires humaines en sait là-dessus bien plus que les autres.
Douzième argument. Il arrive que de vastes multitudes soient tuées en une seule heure de combat, ou qu’un grand nombre d’hommes se noient au même instant ; or il est certain que leurs ascendances diffèrent et qu’elles devraient, d’après vous, commander des sorts distincts. Si vraiment les ascendances exerçaient une influence en la matière, un tel partage du même destin serait impossible malgré leur divergence (3).
La réponse que certains formulent en votre faveur — à savoir que certaines ascendances peuvent l’emporter sur d’autres, et que l’ascendant du moment pourrait être plus fort que l’ascendant natal, de sorte que le jugement lui revienne — ne saurait vous être d’aucun secours, car