Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Nous répondons : c’est là reconnaître, avec ceux qui le soutiennent, que l’ascendant du moment ne révèle strictement rien ; il faut, disent-ils, tenir compte des états antérieurs. Or ces états sont innombrables et impossibles à inventorier ; dès lors, faire dépendre la signification de l’ascendant instantané de la prise en considération de ces états revient à la subordonner à des conditions qu’il est, en vérité, radicalement impossible de remplir.

Les adeptes de la « science des jugements » eux-mêmes concèdent d’ailleurs que l’ascendant du moment est sans valeur ; l’opération, affirment-ils, n’aboutit qu’à la condition de connaître successivement le thème natal, le thème annuel (révolution), le « signe de l’issue », ainsi que les directions. Ce n’est qu’en combinant l’ensemble de ces données qu’ils prétendent raisonner ; et encore, même lorsqu’on les aurait toutes rassemblées et établies avec une précision à l’épreuve de l’erreur, la conclusion ne dépasserait jamais le stade de la conjecture, sans atteindre la certitude.

Onzième argument. Imaginons une grande chaussée, parcourue nuit et jour, où l’on aurait creusé des puits (1) rapprochés ; nul voyageur ne pourrait l’emprunter sans une vigilance extrême et une réflexion soutenue pour éviter d’y tomber. Il va de soi que la sécurité des aveugles qui s’y engagent n’égale pas celle des voyants ; inévitablement, les premiers multiplieront les accidents, tandis que les seconds s’en sortiront pour l’essentiel sans dommage.

Une fois cela compris, nous dirons : chez les astrologues judiciaires, l’équivalent des aveugles, ce sont ceux qui ne connaissent

(1) Omission dans le manuscrit D. Les manuscrits Q et T portent « athar » ; la même variante revient aux passages suivants. Il s’agit d’une altération. Voir : al-Sharif al-Murtada, Masʾala fî l-radd ʿalâ l-munajjimîn, Rasâʾil, vol. 2, p. 307 ; id., Sharḥ Nahj al-Balâgha, vol. 6, p. 202. Je ne sais pas si l’auteur a repris cet exemple directement chez al-Sharif al-Murtada ou par l’entremise d’une autre source.
قلنا: هذا تسليمٌ لقول من يقول: إنَّ طالعَ الوقت لا يدلُّ على شيءٍ أصلًا، بل لا بدَّ من رعاية الأحوال الماضية، لكنَّ الأحوال الماضية كثيرةٌ غيرُ مضبوطة؛ فتوقُّفُ دلالة طالع الوقت على اعتبار تلك الأحوال الماضية يقتضي التوقُّفَ على شرائطَ لا يمكن اعتبارُها البتَّة. وقد ساعدَ أصحابُ الأحكام على الاعتراف بأنَّ الاعتمادَ على طالع الوقت غيرُ مفيد، بل لا يتمُّ الأمرُ إلا عند معرفة طالع الأصل، فطالعِ التحويل، وبرج الانتهاء، ومعرفة التَّسييرات، فعند اعتبار جملة هذه الأمور يتمُّ الاستدلال، ومع اعتبار جملتها وتحريرها بحيث يُؤْمَنُ الغلطُ فيها يكونُ الاستدلالُ على سبيل الظَّنِّ، لا على سبيل القطع. الوجه الحادي عشر: أنَّا لو فَرضنا جادَّةً مسلوكة، وطريقًا يمشي فيه النَّاس ليلًا ونهارًا، ثم حصل في تلك الجادَّة آبارٌ (١) متقاربة، بحيثُ لا يقدرُ سالكُ ذلك الطريق على سلوكه إلا بتأمُّلٍ كثيرٍ وتفكُّرٍ شديدٍ حتى يتخلَّص من الوقوع في تلك الآبار؛ فإن من المعلوم بالضرورة أنَّ سلامةَ من يمشي في هذه الطريق من العُمْيان لا يكونُ كسلامة من يمشي من البُصَراء، بل ولا بدَّ أن يكون عَطَبُ العُمْيان في ذلك الطريق كثيرًا جدًّا، وأن تكون سلامةُ البُصَراء غالبةً جدًّا. إذا عرفتَ هذا، فنقول: مثالُ العميان عند الأحكاميِّين: الذين لا يَعْرِفون
(١) مهملة في (د). وفي (ق، ت): «آثار». وهكذا في المواضع التالية. وهو تحريف. انظر: «مسألة في الردِّ على المنجمين» للشريف المرتضى (٢/ ٣٠٧ - رسائله)، و «شرح نهج البلاغة» (٦/ ٢٠٢). ولا أدري أنقل المصنف هذا المثل من كتاب الشريف المرتضى مباشرةً أم بواسطة؟

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies