Nous répondons : c’est là reconnaître, avec ceux qui le soutiennent, que l’ascendant du moment ne révèle strictement rien ; il faut, disent-ils, tenir compte des états antérieurs. Or ces états sont innombrables et impossibles à inventorier ; dès lors, faire dépendre la signification de l’ascendant instantané de la prise en considération de ces états revient à la subordonner à des conditions qu’il est, en vérité, radicalement impossible de remplir.
Les adeptes de la « science des jugements » eux-mêmes concèdent d’ailleurs que l’ascendant du moment est sans valeur ; l’opération, affirment-ils, n’aboutit qu’à la condition de connaître successivement le thème natal, le thème annuel (révolution), le « signe de l’issue », ainsi que les directions. Ce n’est qu’en combinant l’ensemble de ces données qu’ils prétendent raisonner ; et encore, même lorsqu’on les aurait toutes rassemblées et établies avec une précision à l’épreuve de l’erreur, la conclusion ne dépasserait jamais le stade de la conjecture, sans atteindre la certitude.
Onzième argument. Imaginons une grande chaussée, parcourue nuit et jour, où l’on aurait creusé des puits (1) rapprochés ; nul voyageur ne pourrait l’emprunter sans une vigilance extrême et une réflexion soutenue pour éviter d’y tomber. Il va de soi que la sécurité des aveugles qui s’y engagent n’égale pas celle des voyants ; inévitablement, les premiers multiplieront les accidents, tandis que les seconds s’en sortiront pour l’essentiel sans dommage.
Une fois cela compris, nous dirons : chez les astrologues judiciaires, l’équivalent des aveugles, ce sont ceux qui ne connaissent