Quant aux effets qu’on leur prête sur les dispositions psychiques — intelligence ou stupidité, bonheur ou infortune, bonne ou mauvaise moralité, richesse [ou pauvreté], souci ou joie, plaisir ou douleur —, s’ils étaient avérés, on ne pourrait les connaître que par l’une des quatre voies suivantes :
- une information dont le mensonge est impossible ;
- une perception sensible partagée par tous ;
- l’évidence rationnelle ;
- une démonstration intellectuelle.
Or rien de tout cela n’existe ici ; l’affirmation est donc dénuée de tout fondement.
Les adeptes de la « science des jugements » sont incapables de revendiquer l’une quelconque des trois premières voies (1) ; tout au plus prétendent-ils que la réflexion et l’expérience les y ont conduits. Nous montrerons l’inanité de cette prétendue réflexion et de cette prétendue expérience, de manière irréfutable, à l’aide des arguments déjà exposés et d’autres encore plus décisifs.
Tout savoir authentique repose sur des preuves qui remontent soit à la sensation, soit à l’évidence de la raison. Cette pseudo-science, elle, ne s’appuie que sur des conjectures et des supputations qui ne mènent à aucune vérité ; au bout du compte, ses partisans ne font qu’imiter des personnes dont la véracité n’est établie par aucune preuve.
Dixième argument : supposons que deux hommes, au même moment et dans la même ville, interrogent deux astrologues au sujet de deux adversaires afin de savoir lequel l’emportera. L’ascendant relevé à cet instant est alors commun aux deux protagonistes. Si cet ascendant indiquait réellement la situation du vainqueur ou du vaincu tout en étant partagé par les deux rivaux (2), il faudrait conclure que chacun d’eux est à la fois vainqueur de son adversaire et vaincu par lui, ce qui est absurde.
S’ils rétorquent que l’état de chacun se détermine grâce au thème natal, au thème de révolution ou au « signe de l’issue », leur objection ne tient pas davantage.