Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Deuxième principe : comme ils étaient incapables de déterminer l’ascendant de la conjonction (1), ils ont purement et simplement substitué à celle-ci l’ascendant de l’année de la conjonction ! Il va de soi qu’une telle démarche est d’une incohérence extrême.

Troisième principe : ils se contredisent violemment au sujet d’une même question de cette discipline, car leurs opinions concernant les « limites » des planètes sont nombreuses et divergentes (2). Aucun d’eux ne possède la moindre apparence d’argument ou même de simple conjecture, a fortiori une preuve étayée par un raisonnement.

En outre, beaucoup d’entre eux, sans preuve ni argument, adoptent l’une de ces opinions à l’aveuglette, par simple goût personnel, comme lorsqu’ils retiennent dans ce domaine les limites établies par les Égyptiens (3). Voilà l’un des indices les plus manifestes de la fausseté de cette science.

(1) Il s’agit de la musāmata (alignement) de deux planètes : l’une se trouve plus haute que l’autre et sa sphère diffère de celle de sa compagne, mais, par projection, elle vient se placer exactement au-dessus d’elle. Les deux astres semblent alors occuper le même point du signe et se mouvoir sur le même azimut, de sorte que l’observateur les perçoit en conjonction, bien qu’une grande distance verticale les sépare. Cf. : al-Azmina wa-l-amkina, 2/322 ; al-Qānūn al-Masʿūdī, 3/1350 ; Rasāʾil Ikhwān al-Ṣafāʾ, 1/136. (2) Les ḥudūd (limites) sont des subdivisions internes des signes du zodiaque ; chaque portion de signe est attribuée à l’une des planètes errantes, si bien que les jugements relatifs à un même signe varient selon la portion considérée. Cf. : al-Maṭālib al-ʿāliya, 8/175 ; al-Tafhīm, 256. (3) Les manuscrits portent « al-ḍarbayn », lecture corrompue de la leçon retenue. Voir les deux sources précédentes et ce qui suit p. 1291. Kushyār écrit dans al-Mujmal (fol. 7b) : « Les ḥudūd font partie des questions controversées ; chaque nation a les siennes… Chacun des praticiens de cette science adopte les ḥudūd d’un peuple selon son bon plaisir : celles de Ptolemée, des Égyptiens, des Indiens, des Chaldéens… Quant aux ḥudūd des Égyptiens, les praticiens les ont reprises sans s’y fier ; elles n’obéissent à aucune mesure ni ordre. »
الثاني: أنَّ هؤلاء لما عجَزوا عن معرفة طالع القِران (١) أقاموا طالعَ سَنَة القِران مقامَ القِران! ومعلومٌ أنَّ هذا في غاية الفساد. الثَّالث: أنهم اختلفوا اختلافًا شديدًا في المسألة الواحدة من مسائل هذا العلم؛ فإنَّ أقوالهم في حدود الكواكب كثيرةٌ مختلفة (٢)، وليس مع أحدٍ منهم شبهةٌ ولا خيال، فضلًا عن حجَّةٍ واستدلال. ثم إنَّ كثيرًا منهم من غير حجَّةٍ ولا دليل ربَّما أخذوا واحدًا من تلك الأقوال من غير بصيرة، بل بمجرَّد التشهِّي، مثل أخذِهم في ذلك بحدود المصريِّين (٣)، وذلك من أدلِّ الدَّلائل على فساد هذا العلم.
(١) وهو مسامتةُ أحد الكوكبين الآخر، لأنَّ أحدهما أعلى من صاحبه، وفلكُه خلاف ذلك الآخر، فيسامِتُ أحدهما صاحبه، فيحاذيان موضعًا واحدًا من ذلك البرج، ويتحركان على سمتٍ واحد، فيراهما الناظر مقترنَيْن لبُعْدِهما من الأرض، وبين أحدهما وصاحبه في العلوِّ بعدٌ كثير. انظر: «الأزمنة والأمكنة» (٢/ ٣٢٢)، و «القانون المسعودي» (٣/ ١٣٥٠)، و «رسائل إخوان الصفا» (١/ ١٣٦). (٢) الحدود: أقسامٌ في البروج مختلفة، ينسَب كلُّ قسمٍ من كلِّ برجٍ إلى كوكبٍ من الكواكب المتحيِّرة، فتختلف الأحكام في البرج بحسب اختلاف الأقسام. انظر: «المطالب العالية» (٨/ ١٧٥)، و «التفهيم» (٢٥٦). (٣) في الأصول: «الضربين». وهو تحريفٌ عن المثبت. انظر المصدرين السابقين، وما سيأتي (ص: ١٢٩١). وقال كوشيار في «المجمل» (ق: ٧/ب): «الحدود من الأشياء المختلف فيها، فلكل أمة حدود، ... وكل واحدٍ من أهل هذه الصناعة تمسك بحدود أمةٍ على شهوةٍ منه، وهي حدود بطليموس وحدود المصريين وحدود الهند وحدود الكلدانيين، ... وأما حدود المصريين فاجتمعت عليها أهل الصناعة على غير ثقةٍ بها، وليس لها قياسٌ ولا نظام»!

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