Or, si elles ne disposaient ni de libre choix ni de volonté, leur influence ne pourrait procéder que de leur essence et de leur nature propres ; or, dans un tel cas, l’effet ne varie que selon la diversité des réceptacles et des dispositions (1), alors que, d’après vous, c’est précisément la disparité de ces réceptacles et de ces dispositions qui s’expliquerait par leur action (2). Quelle absurdité plus flagrante pourrait-on concevoir ? N’est-ce pas là un cercle vicieux que la raison la plus élémentaire juge impossible ?
Sixième argument : cette discipline repose sur des principes dont la fausseté saute aux yeux de l’intelligence. Ils sont si nombreux qu’il serait impossible de tous les énumérer ; contentons-nous d’en mentionner quelques-uns.
Premier principe : il est d’évidence qu’il n’existe dans le ciel ni bélier, ni taureau, ni serpent, ni scorpion, ni ourse, ni chien, ni renard. Les Anciens, toutefois, ayant divisé la sphère céleste en douze sections qu’ils voulurent distinguer par des signes particuliers, ont associé — fort artificiellement — la configuration des astres fixés dans chacune de ces zones à l’image d’un animal déterminé.
Partant de ces appellations, les astrologues ont bâti de longs développements : ils prétendent que les formes d’ici-bas obéissent aux formes d’en-haut, si bien que les scorpions seraient soumis à la figure du Scorpion céleste, les serpents à celle du Dragon, et de même pour le Lion et la Vierge.
Quiconque sait comment ces noms ont été institués, puis entend les propos de ces astrologues, ne peut que rire d’eux et constater l’étendue de leur ignorance et de leur mensonge (3).