Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, il est désormais acquis qu’il est absolument impossible d’appréhender intégralement l’ensemble des causes influentes ; or, puisqu’il en va ainsi, tirer argument des corps célestes pour juger des réalités d’ici-bas est sans conteste invalide.

Troisième argument (1). L’influence d’une planète, dans ce que vous appelez auspice favorable ou funeste, s’envisage soit isolément, soit dans sa conjonction avec d’autres astres. Si l’astrologue ne maîtrise pas simultanément ces deux états, il n’a aucune légitimité à lui attribuer une influence quelconque (2) et ne récolte qu’un entrelacs d’estimations contradictoires.

Il est, par ailleurs, notoire que la sphère des constellations recèle des étoiles passées entre les mailles de l’observation : ni leur magnitude ni leur nombre ne sont établis, et les astrologues judiciaires ignorent ce que requiert la spécificité de leurs groupements comme de leurs individualités. Les deux camps — astronomes observateurs et pronostiqueurs — demeurent donc incapables d’embrasser la nature de ces astres et ce qu’ils pourraient produire avec les planètes errantes (3), qu’ils soient isolés ou réunis.

Dès lors, qu’est-ce qui vous met à l’abri (4) de l’éventualité qu’une étoile parmi ces astres inconnus

(1) Il s’agit là de l’un des arguments avancés pour démontrer l’invalidité de l’astrologie judiciaire. (2) Dans le manuscrit D, on lit : « yaḥkumu bi-taʾthīr », et Ibn Bardas a noté au-dessus du second mot, en écriture fine : « yanẓur ». (3) Les astres se répartissent en deux catégories : fixes et errants. Une fois retranchés des errants les deux luminaires — le Soleil et la Lune —, ceux-ci sont appelés « mutaḥayyira » (les indécis) : Mercure, Saturne, Vénus, Jupiter et Mars. On leur a donné ce nom parce qu’on les voit parfois rétrograder, revenir sur leur trajectoire à rebours, ou demeurer stationnaires ; l’arrêt ou le recul étant inhérents à la perplexité et à la stupeur. Cf. al-Qanun al-Masʿudi, 3/987, ainsi que la note infra, p. 1360. (4) Les manuscrits de base portent « kullukum », leçon fautive ; il pourrait s’agir de « ḥukmukum ». La leçon retenue ici paraît la plus plausible. Dans l’édition T, on lit : « kullukum ʿinda … al-ṭāliʿ an yakūna », forme vraisemblablement due à l’intervention de l’éditeur.
فثبت بهذا أن الوقوف التامَّ على المؤثِّرات جميعها ممتنعٌ مستحيل، وإذا كان الأمرُ كذلك كان الاستدلالُ بالأشخاص الفلَكيَّة على الأحوال السُّفليَّة باطلًا قطعًا. الوجه الثالث (١): أنَّ تأثيرَ الكوكب فيما ذكرتم من السَّعْد والنَّحْس إمَّا بالنظر إلى مفرده، وإمَّا بالنظر إلى انضمامه إلى غيره، فمتى لم يُحِط المنجِّمُ بهاتين الحالتين لم يصحَّ منه أن يحكُم له بتأثير (٢)، ولم يحصُل إلا على تعارض التقدير. ومن المعلوم أنَّ في فلَك البروج كواكبَ شذَّت عن الرَّصَد معرفةُ أقدارها وأعدادها، ولم يعرف الأحكاميُّون ما يوجبُه خواصُّ مجموعاتها وأفرادها؛ فخرج الفريقان: أصحابُ الرَّصَد، والأحكام، عن الإحاطة بما في طِباعها، وما عسى أن تؤثِّره مع السيَّارة (٣) عند انفرادها واجتماعها. فما الذي يؤمِّنكم عند ذلكم (٤) وقوعَ نجمٍ من تلك النجوم المجهولة
(١) من وجوه بطلان علم أحكام النجوم. (٢) (د): «يحكم بتأثير»، وكتب ابن بردس فوق الكلمة الثانية بخطٍّ دقيق: ينظر. (٣) الكواكب قسمان: ثابتة، وسيَّارة. والسيَّارة إذا خرج منها النيِّران (الشمس والقمر) تسمى: متحيَّرة، وهي عطارد وزحل والزهرة والمشتري والمريخ، وسميت بذلك لأنها توجد في بعض الأحايين مرتدةً عن وجهتها، راجعةً في سيرها إلى خلاف التوالي، وفي بعضها مقيمةً في أمكنتها واقفةً غير سائرة، ووقفُ السائر ورجوعُه من لوازم التحيُّر والدهش. انظر: «القانون المسعودي» (٣/ ٩٨٧)، وما سيأتي (ص: ١٣٦٠). (٤) في الأصول: «كلكم». وهو خطأ. وربما كانت: حكمكم. والأشبه ما أثبت. وفي (ط): «كلكم عند ... الطالع أن يكون». وهو من تصرف الناشر.

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