Nous avons affirmé que la connaissance exhaustive de toutes les causes célestes est impossible, et ce pour plusieurs raisons (1).
La première est qu’il n’existe aucun moyen de connaître les astres si ce n’est par la faculté visuelle (2). Or, lorsqu’un objet visible est très petit ou situé à une distance extrême de l’observateur, il devient impossible de le percevoir. En effet, le plus petit des astres que renferme la sphère des étoiles fixes — celui-là même qui met à l’épreuve l’acuité de la vue — équivaut à environ quinze fois le globe terrestre (3), alors que le globe terrestre dépasse celui de Mercure d’un nombre de fois évalué ainsi (4).
Si donc l’on supposait que, dans la sphère la plus vaste, se trouvent de nombreux astres dont chacun aurait le volume de Mercure, il ne fait aucun doute que la vue serait incapable de les discerner. Il est donc établi que notre incapacité à apercevoir quelque étoile que ce soit dans cette sphère n’implique nullement leur inexistence.
Partant, la simple possibilité que se trouvent, dans cette sphère suprême, dans celle des étoiles fixes et dans toutes les autres, de petits astres — quand bien même nous ne les percevrions ni ne les verrions — suffit à rendre impossible la connaissance exhaustive de toutes les causes célestes (5).