Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Nous avons affirmé que la connaissance exhaustive de toutes les causes célestes est impossible, et ce pour plusieurs raisons (1).

La première est qu’il n’existe aucun moyen de connaître les astres si ce n’est par la faculté visuelle (2). Or, lorsqu’un objet visible est très petit ou situé à une distance extrême de l’observateur, il devient impossible de le percevoir. En effet, le plus petit des astres que renferme la sphère des étoiles fixes — celui-là même qui met à l’épreuve l’acuité de la vue — équivaut à environ quinze fois le globe terrestre (3), alors que le globe terrestre dépasse celui de Mercure d’un nombre de fois évalué ainsi (4).

Si donc l’on supposait que, dans la sphère la plus vaste, se trouvent de nombreux astres dont chacun aurait le volume de Mercure, il ne fait aucun doute que la vue serait incapable de les discerner. Il est donc établi que notre incapacité à apercevoir quelque étoile que ce soit dans cette sphère n’implique nullement leur inexistence.

Partant, la simple possibilité que se trouvent, dans cette sphère suprême, dans celle des étoiles fixes et dans toutes les autres, de petits astres — quand bien même nous ne les percevrions ni ne les verrions — suffit à rendre impossible la connaissance exhaustive de toutes les causes célestes (5).

(1) Extrait de « al-Sirr al-maktum » d’al-Razi, p. 9-10 ; l’édition lithographiée est truffée de déformations. (2) « Al-Sirr al-maktum » porte ici : « al-quwwa » (la force). (3) Il s’agit vraisemblablement de l’astre Suha, d’où le proverbe : « Je lui montre Suha, il me montre la lune ». Suha est une toute petite étoile presque accolée à l’étoile médiane de la constellation Banat Naʿsh (la Grande Ourse). Al-Marzuqi signale dans « al-Azmina wa-l-amkina » (2/373) que l’on éprouvait la vue grâce à elle : les personnes à la vue faible ne parvenaient pas à la distinguer. (4) Le manuscrit (T) lit : « hādhā alfu marratin » (« mille fois cela »), tandis que « al-Sirr al-maktum » donne : « kadhā alfu marratin » (« mille fois ainsi ») ; aucune des deux leçons n’est satisfaisante. Les Anciens estimaient que la Terre est environ dix-sept fois plus grande que Mercure ; voir « al-Zij al-sabi » d’al-Battani, p. 182. (5) Voir également : « al-Qanun al-Masʿudi » d’al-Biruni (3/1010) et « Suwar al-kawakib al-thamaniya wa-l-arbaʿin » d’al-Sufi (p. 19-20).
وإنما قلنا: إنَّ معرفة جميع المؤثِّرات الفلَكيَّة ممتنعة، لوجوه (١): أحدها: أنه لا سبيل إلى معرفة الكواكب إلا بواسطة القُوى (٢) الباصِرة، والمرئيُّ إذا كان صغيرًا أو في غاية البُعْدِ من الرَّائي فإنه يتعذَّرُ رؤيتُه لذلك؛ فإن أصغر الكواكب التي في فلَك الثَّوابت ــ وهو الذي تُمْتَحَنُ به قوَّةُ البصر ــ مثلُ كرة الأرض بضعةَ عشر مرَّة (٣)، وكرةُ الأرض أعظمُ من كرة عُطارِد كذا مرَّة (٤). فلو قدَّرنا أنه حَصَل في الفلَك الأعظم كواكبُ كثيرةٌ يكونُ حجمُ كلِّ واحدٍ منها مساويًا لحجم عُطارِد، فإنه لا شك أنَّ البصرَ لا يقوى على إدراكه؛ فثبت أنه لا يلزمُ مِنْ عدم إبصارنا شيئًا من الكواكب في الفلَك الأعظم عدمُ تلك الكواكب. وإذا كان كذلك، فاحتمالُ أنَّ في الفلَك الأعظم وفي فلك الثَّوابت وفي سائر الأفلاك كواكبَ صغيرةً ــ وإن كنَّا لا نحسُّ بها ولا نراها ــ يُوجِبُ امتناع معرفة جميع المؤثِّرات الفلَكيَّة (٥).
(١) من «السر المكتوم» للرازي (٩ - ١٠)، ومطبوعته الحجرية عامرة بالتحريف. (٢) «السر المكتوم»: «القوة». (٣) لعل المقصود: السُّها. وبه جرى المثل في قولهم: «أريه السُّها ويريني القمر». وهو كويكبٌ صغيرٌ جدًّا يكاد يلزق بالكوكب الأوسط من بنات نعش. قال المرزوقي في «الأزمنة والأمكنة» (٢/ ٣٧٣): «والنَّاس يمتحنون به أبصارهم، فمن ضعُف بصره لم يره». (٤) (ت): «هذا ألف مرَّة». «السر المكتوم»: «كذا ألف مرة». وليسا بشيء. والأرض أكبر من عطارد سبع عشرة مرة تقريبًا عند القدماء. انظر: «الزيج الصابي» للبتاني (١٨٢). (٥) انظر: «القانون المسعودي» للبيروني (٣/ ١٠١٠)، و «صور الكواكب الثمانية والأربعين» للصوفي (١٩، ٢٠).

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