ni son interruption (1) ni sa fissure ; comment donc avez-vous pu concilier le fait de traiter de menteurs les envoyés lorsqu’ils annoncent sa dislocation, sa fissure et sa désagrégation, avec votre prétention selon laquelle la sphère serait composée d’essences diverses, alors qu’un composé de cette sorte n’a rien qui l’empêche de se dissoudre ou de se fendre ?
Vous n’avez donc cru ni aux messagers, ni respecté les exigences de la raison ; bien au contraire, vous figurez parmi ceux qu’évoque ce verset : « Ils dirent : “Si seulement nous avions écouté ou compris, nous ne serions pas parmi les hôtes de la Fournaise.” » (La Royauté, 10).
Objection : « Pourquoi ne serait-il pas permis de dire que, dans chacun des douze signes du zodiaque, se trouvent de minuscules astres, si petits que nous ne pouvons les percevoir, et que, lorsqu’une planète vient à s’aligner exactement avec un signe donné, la lumière de cette planète se mêle aux lumières de ces micro-astres situés dans cette portion de la sphère, d’où découleraient des effets particuliers ? Si cette hypothèse est possible et qu’aucun argument ne l’invalide, il faut nécessairement l’adopter. »
Réponse : si les natures de ces astres diffèrent dans leur essence, l’obstacle déjà mentionné réapparaît ; et si elles sont identiques, ce mélange ne pourra qu’être homogène (2), si bien qu’il est inconcevable qu’en proviennent des effets opposés et variés.
Deuxième point démontrant la fausseté de l’astrologie judiciaire : la connaissance de l’ensemble des causes (3) célestes est impossible ; dès lors, il devient impossible de déduire des configurations des cieux la survenue des événements terrestres.