pour l’une des deux éventualités possibles au détriment de l’autre, sans motif décisif ; et si, en revanche, leurs natures ne sont pas identiques, il en résulte nécessairement que la sphère est composée.
Parmi les choses qui ont fait sourire les gens sensés à votre sujet, il y a ceci : vous avez déclaré que les astres étaient des êtres vivants (1), doués de parole, agissant par choix, tout en niant que Celui qui les a fait surgir et façonnés soit, Lui, le Vivant, le Soutien éternel, agissant par choix. Or ces événements dépendent de Sa volonté (2) et de Son choix, et se déroulent conformément à Sa sagesse et à Sa science, tandis que ces étoiles ne sont que Ses servantes, des créatures soumises à Son ordre ; elles ne détiennent, ni pour elles-mêmes ni pour ce qui est au-dessous d’elles, ni mal ni bien, ni bonheur ni malheur, comme l’ont reconnu les esprits rationnels parmi les fils d’Adam et comme l’ont confirmé les envoyés et leurs adeptes.
Si l’on objecte : « Nous ne concédons pas que la sphère soit simple ; elle est composée de ces signes, et la nature de chaque signe diffère de celle des autres ; plus encore, la nature de chaque minute et de chaque seconde diffère de la minute ou de la seconde suivante, et la connaissance des jugements ne peut être complète qu’en tenant compte de cela »,
on répond : votre affirmation selon laquelle la sphère est éternelle, sans commencement ni fin (3), insusceptible de génération et de corruption, ne pouvant subir ni dislocation, ni fêlure, ni soudure, alors même que chaque partie, grande ou petite (4), possède — selon vos propres dires, qu’a explicitement formulés Abû Maʿshar (5) — une nature autre que celle de la partie voisine, revient à joindre deux contraires ; car, si elle est composée d’éléments dont les essences diffèrent, sa dissolution n’est nullement impossible.