Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les ennemis ne sauraient jamais atteindre, chez un ignorant, ce que l’ignorant est capable d’infliger à lui-même. (1)

Et si, par l’épaisseur du voile qui l’enveloppe et la rudesse de sa nature, il ne parvient pas à en saisir le sens, qu’il se contente alors de croire à ce qu’Allah, le Très-Haut, a préparé au Paradis pour Ses élus : délices de nourriture et de boisson, union conjugale, panoramas enchanteurs ; et à ce qu’Il a réservé en Enfer pour ses hôtes : chaînes, carcans, eaux bouillantes, lambeaux d’habit de feu, et tout ce qui s’y rattache.

L’intention est de montrer que la nécessité des messagers – qu’Allah répande sur eux Sa prière et Son salut – est vitale, au plus haut degré de l’indispensable ; elle n’est pas simplement comparable (2) à notre besoin de vivre (3) et aux moyens de subsistance, elle le surpasse encore.

Quant à ce que l’on rapporte des Sabéens, à savoir qu’ils se passeraient de la prophétie, ce n’est pas l’opinion de tous : parmi eux se trouvent des bienheureux et des voués au malheur, comme l’a dit Allah, Exalté soit-Il : « Certes, ceux qui ont cru, les Juifs, les Chrétiens et les Sabéens : quiconque d’entre eux croit en Allah et au Jour dernier et accomplit le bien recevra sa récompense auprès de son Seigneur, et nul effroi ne viendra sur eux, ni tristesse. » [La Vache, 2 : 62]. Il a donc rangé les croyants parmi les Sabéens au nombre des bienheureux, et ils n’ont obtenu cet état que grâce à leur foi dans les messagers. En revanche, certains ont nié la prophétie et adoré les astres ; ils se divisent en de nombreuses sectes qu’il n’est pas opportun d’énumérer ici. (4)

(1) Vers connus de Salih b. Abd al-Quddus, cités dans al-Hamasa al-Basriyya, t. 2, p. 40 ; al-ʿIqd, t. 2, p. 436 ; al-Muntakhab, p. 599, et ailleurs. (2) Les manuscrits de base portent : « nazaran » ; la leçon retenue paraît plus appropriée. (3) Passage non établi dans le ms. D ; les mss. Q et T lisent : « al-haja ». La leçon adoptée semble la plus correcte. Voir : Zad al-Maʿad, t. 1, p. 69, et al-Fawaʾid, p. 227. (4) Voir supra, p. 1002, et la note correspondante.
فما تَبْلُغُ الأعداءُ من جاهلٍ ... ما يَبْلُغُ الجاهلُ من نفسِه (١) وإن لم يفْهَمه لغِلَظِ حجابه، وكثافة طبعِه، فيكفيه الإيمانُ بما أعدَّ الله تعالى في الجنَّة لأهلها من نعيم الأكل والشُّرب والنكاح والمَناظر المُبْهِجة، وما أعَدَّ في النَّار لأهلها من السَّلاسل والأغلال والحَمِيم ومُقَطَّعات الثِّياب من النَّار ونحو ذلك. والمقصود بيانُ أن الحاجةَ إلى الرسل ــ صلواتُ الله عليهم وسلامه ــ ضروريَّة، بل هي في أعلى مراتب الضرورة، وليست نظيرًا (٢) لحاجتهم إلى الحياة (٣) وأسبابها، بل هي أعظمُ من ذلك. وأمَّا ما ذُكِر عن الصَّابئة من الاستغناء عن النبوَّة، فهذا ليس مذهبًا لجميعهم، بل فيهم سعيدٌ وشقيٌّ، كما قال تعالى: ﴿إِنَّ الَّذِينَ آمَنُوا وَالَّذِينَ هَادُوا وَالنَّصَارَى وَالصَّابِئِينَ مَنْ آمَنَ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآخِرِ وَعَمِلَ صَالِحًا فَلَهُمْ أَجْرُهُمْ عِنْدَ رَبِّهِمْ وَلَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ﴾ [البقرة: ٦٢]، فأدخَل المؤمنين من الصَّابئين في أهل السَّعادة، ولم ينالوا ذلك إلا بالإيمان بالرسل، ولكنَّ منهم من أنكر النبوَّات وعبَد الكواكب، وهم فِرقٌ كثيرةٌ ليس هذا موضع ذكرهم (٤).
(١) من أبياتٍ مشهورة لصالح بن عبد القدوس، في «الحماسة البصرية» (٢/ ٤٠)، و «العقد» (٢/ ٤٣٦)، و «المنتخل» (٥٩٩)، وغيرها. (٢) في الأصول: «نظرًا». والمثبت أشبه. (٣) غير محررة في (د)، وفي (ق، ت): «الحاجة». والمثبت أدنى إلى الصواب. انظر: «زاد المعاد» (١/ ٦٩)، و «الفوائد» (٢٢٧). (٤) انظر ما تقدم (ص: ١٠٠٢) والتعليق عليه.

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