Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

De même, Il — exalté soit-Il — gratifie Ses alliés de deux délices (1) :
• le délice de la levée du voile, qui leur permet de Le contempler ;
• et le délice du Paradis avec tout ce qu’il renferme.
L’un de ces deux bonheurs leur est plus cher que l’autre, plus recherché et plus apaisant pour leurs yeux. Ainsi, dans le « Sahih », il est rapporté qu’il ﷺ a dit : « Lorsque les gens du Paradis y entreront, un héraut proclamera : “Ô habitants du Paradis, vous avez auprès d’Allah un rendez-vous qu’Il veut accomplir pour vous.” Ils diront : “Lequel ? Ne nous a-t-Il pas déjà illuminé le visage, alourdi la balance de nos œuvres, fait entrer au Paradis et préservés du Feu ?” Il (le Prophète) dit : “Alors Allah ôtera le voile et ils Le contempleront, et rien de ce qu’Il leur aura accordé ne leur sera plus cher que cette vision.” » (2)
Dans un autre hadith, il est précisé que, lorsqu’ils auront contemplé leur Seigneur ﵎, la douceur de cette vision leur fera oublier les jouissances dont ils bénéficiaient (3).

Quant au second aspect, le corps et les membres ne sont que des instruments au service de l’âme, des sujets du cœur, ses serviteurs. Si certains d’entre eux perdent la perfection pour laquelle ils ont été créés, la situation ressemble à la perte d’une partie de l’armée ou des sujets d’un roi, ou encore à l’inutilisation de certains de ses moyens, sans que le roi en soit nécessairement affecté. Mais si le cœur perd la perfection pour laquelle il a été créé, ainsi que sa vie et sa félicité, c’est comme si le roi lui-même périssait, était capturé, voyait son royaume lui échapper et devenait prisonnier aux mains de ses ennemis.

(1) Dans le manuscrit D, on lit : « bi-ni‘matayn » (« deux bienfaits ») ; la glose suggère plutôt : « bi-na‘imayn » (« deux délices »). (2) Rapporté par Muslim, n° 181 ; Ibn Ḥibbân, n° 7441 (c’est cette version qui est citée). (3) Rapporté par ‘Abd b. Ḥumayd, n° 849 (al-Muntakhab) ; al-Dârimî, ar-Radd ‘alâ al-Jahmiyya, n° 189, et an-Naqd ‘alâ Bishr al-Marîsî, n° 229, ainsi que d’autres recueils, d’après Ibn ‘Umar, avec une chaîne interrompue. Voir aussi : al-Âjurrî, ash-Sharî‘a, n° 572.
وهذا كما أنه سبحانه يُنْعِمُ على أوليائه بنعيمَين (١): * نعيم كَشْفِ الحجاب، فينظرون إليه. * ونعيم الجنَّة وما فيها. وأحدُ النَّعيمَين أحبُّ إليهم من الآخر، وآثَر عندهم، وأقرُّ لعيونهم، كما في «الصَّحيح» عنه ﷺ أنه قال: «إذا دخلَ أهلُ الجنَّةِ الجنَّةَ نادى مُنادٍ: يا أهل الجنَّة، إنَّ لكم عند الله موعدًا يريدُ أن يُنْجِزَكُموه، فيقولون: ما هو؟ ألم يُبيِّض وجوهَنا، ويُثَقِّل موازينَنا، ويُدْخِلنا الجنَّة، ويُجِرْنا من النَّار؟ قال: فيكشفُ الحجاب، فينظرون إليه، فما أعطاهم شيئًا أحبَّ إليهم من النَّظر إليه» (٢). وفي حديثٍ غير هذا: أنهم إذا نظروا إلى ربِّهم ﵎ أنساهم لذَّةُ النَّظر إليه ما هم فيه من النَّعيم (٣). والوجه الثَّاني: أنَّ البدنَ والأعضاء آلاتٌ للنَّفس، ورعيَّة للقلب، وخَدَمٌ له، فإذا فقَد بعضُهم كمالَه الذي خُلِقَ له كان بمنزلة هلاك بعض جُند الملك ورعيَّته، وتعطُّل بعض آلاته، وقد لا يلحقُ الملكَ من ذلك ضررٌ أصلًا، وأمَّا إذا فقَد القلبُ كمالَه الذي خُلِقَ له وحياتَه ونعيمَه كان بمنزلة هلاك المَلك وأسْرِه، وذهاب مُلكه من يديه، وصَيْرورته أسيرًا في أيدي أعاديه.
(١) (د): «بنعمتين»، وفي الطرة: «لعله: بنعيمين». (٢) أخرجه مسلم (١٨١)، وابن حبان (٧٤٤١) واللفظ له. (٣) أخرجه عبد بن حميد (٨٤٩ - المنتخب)، والدارمي في «الرد على الجهمية» (١٨٩)، و «النقض على بشر المريسي» (٢٢٩)، وغيرهما من حديث ابن عمر مرفوعًا بإسنادٍ فيه انقطاع. وانظر: «الشريعة» للآجري (٥٧٢).

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