De même, Il — exalté soit-Il — gratifie Ses alliés de deux délices (1) :
• le délice de la levée du voile, qui leur permet de Le contempler ;
• et le délice du Paradis avec tout ce qu’il renferme.
L’un de ces deux bonheurs leur est plus cher que l’autre, plus recherché et plus apaisant pour leurs yeux. Ainsi, dans le « Sahih », il est rapporté qu’il ﷺ a dit : « Lorsque les gens du Paradis y entreront, un héraut proclamera : “Ô habitants du Paradis, vous avez auprès d’Allah un rendez-vous qu’Il veut accomplir pour vous.” Ils diront : “Lequel ? Ne nous a-t-Il pas déjà illuminé le visage, alourdi la balance de nos œuvres, fait entrer au Paradis et préservés du Feu ?” Il (le Prophète) dit : “Alors Allah ôtera le voile et ils Le contempleront, et rien de ce qu’Il leur aura accordé ne leur sera plus cher que cette vision.” » (2)
Dans un autre hadith, il est précisé que, lorsqu’ils auront contemplé leur Seigneur ﵎, la douceur de cette vision leur fera oublier les jouissances dont ils bénéficiaient (3).
Quant au second aspect, le corps et les membres ne sont que des instruments au service de l’âme, des sujets du cœur, ses serviteurs. Si certains d’entre eux perdent la perfection pour laquelle ils ont été créés, la situation ressemble à la perte d’une partie de l’armée ou des sujets d’un roi, ou encore à l’inutilisation de certains de ses moyens, sans que le roi en soit nécessairement affecté. Mais si le cœur perd la perfection pour laquelle il a été créé, ainsi que sa vie et sa félicité, c’est comme si le roi lui-même périssait, était capturé, voyait son royaume lui échapper et devenait prisonnier aux mains de ses ennemis.