Ces derniers se situent aux antipodes des qadariyya et des muʿtazilites qui les ont précédés : deux extrêmes qui ne sauraient se rejoindre.
Quatrième voie : celle des gens de science et de foi, qui ont saisi de la part d’Allah Son ordre et Sa religion, et ont compris ce qu’Il voulait par Ses commandements et Ses interdictions. Pour eux, le fait même de connaître Allah, de L’aimer, de Lui obéir, de se rapprocher de Lui (1) et de rechercher les moyens d’atteindre Son agrément constitue un but en soi. Allah — qu’Il soit exalté — le mérite par essence ; Il est, par essence, Celui qu’il convient d’aimer, et nul autre que Lui n’est digne d’adoration, d’amour, d’humilité, de soumission ni de dévotion. Il y a droit du seul fait qu’Il est digne d’être adoré, quand bien même Il n’aurait créé ni Paradis ni Enfer, ni établi récompense ni châtiment, suivant la parole rapportée dans certains récits : « Si Je n’avais créé ni Paradis ni Enfer, n’aurais-Je pas été digne d’être adoré ? » (2).
Il mérite donc — exalté soit-Il — l’amour le plus absolu, l’obéissance la plus parfaite, la louange, la gloire et la vénération, en raison de Son essence même et des attributs de perfection et de majesté qui Lui appartiennent.
L’aimer, se complaire en Lui et à Son propos, s’humilier devant Lui, se soumettre et L’adorer représentent la suprême félicité de l’âme et son accomplissement. Si l’âme en est privée, elle ressemble à un corps privé de son esprit et de sa vie, ou à un œil dépourvu de sa lumière — voire, elle est dans un état plus grave encore à deux égards.
Premier égard : lorsqu’un corps perd son âme, il devient cadavre inerte ; de même, l’œil devient inutile quand il perd sa lumière. L’âme, en revanche, lorsqu’elle est privée de cette perfection, demeure tourmentée et souffrante ; et plus épais est le voile qui la sépare de son Bien-Aimé, plus intenses sont son châtiment et sa douleur. On en voit la preuve dans la peine et la souffrance qu’éprouve l’amant sincère lorsque son bien-aimé se dérobe à lui, et il ne