Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ces derniers se situent aux antipodes des qadariyya et des muʿtazilites qui les ont précédés : deux extrêmes qui ne sauraient se rejoindre.

Quatrième voie : celle des gens de science et de foi, qui ont saisi de la part d’Allah Son ordre et Sa religion, et ont compris ce qu’Il voulait par Ses commandements et Ses interdictions. Pour eux, le fait même de connaître Allah, de L’aimer, de Lui obéir, de se rapprocher de Lui (1) et de rechercher les moyens d’atteindre Son agrément constitue un but en soi. Allah — qu’Il soit exalté — le mérite par essence ; Il est, par essence, Celui qu’il convient d’aimer, et nul autre que Lui n’est digne d’adoration, d’amour, d’humilité, de soumission ni de dévotion. Il y a droit du seul fait qu’Il est digne d’être adoré, quand bien même Il n’aurait créé ni Paradis ni Enfer, ni établi récompense ni châtiment, suivant la parole rapportée dans certains récits : « Si Je n’avais créé ni Paradis ni Enfer, n’aurais-Je pas été digne d’être adoré ? » (2).

Il mérite donc — exalté soit-Il — l’amour le plus absolu, l’obéissance la plus parfaite, la louange, la gloire et la vénération, en raison de Son essence même et des attributs de perfection et de majesté qui Lui appartiennent.

L’aimer, se complaire en Lui et à Son propos, s’humilier devant Lui, se soumettre et L’adorer représentent la suprême félicité de l’âme et son accomplissement. Si l’âme en est privée, elle ressemble à un corps privé de son esprit et de sa vie, ou à un œil dépourvu de sa lumière — voire, elle est dans un état plus grave encore à deux égards.

Premier égard : lorsqu’un corps perd son âme, il devient cadavre inerte ; de même, l’œil devient inutile quand il perd sa lumière. L’âme, en revanche, lorsqu’elle est privée de cette perfection, demeure tourmentée et souffrante ; et plus épais est le voile qui la sépare de son Bien-Aimé, plus intenses sont son châtiment et sa douleur. On en voit la preuve dans la peine et la souffrance qu’éprouve l’amant sincère lorsque son bien-aimé se dérobe à lui, et il ne

(1) Les manuscrits T et S indiquent : « wal-nadbu ilayh » (« et l’exhortation à l’accomplir »). (2) La source a déjà été citée p. 1078.
وهؤلاء قابلوا مَن قبلهم من القَدَرِيَّة والمعتزلة أعظمَ مقابلة؛ فهما طرفا نقيضٍ لا يلتقيان. والطَّريق الرَّابع: طريقُ أهل العلم والإيمان الذين عقلُوا عن الله أمرَه ودينَه، وعرفوا مرادَه بما أمرهم ونهاهم عنه، وهي أنَّ نفسَ معرفة الله ومحبته وطاعته والتقرُّب إليه (١) وابتغاء الوسيلة إليه أمرٌ مقصودٌ لذاته، وأنَّ الله سبحانه يستحقُّه لذاته، وهو سبحانه المحبوبُ لذاته، الذي لا تصلُح العبادةُ والمحبةُ والذُّلُّ والخضوعُ والتَّألُّه إلا له؛ فهو يستحقُّ ذلك لأنه أهلٌ أن يُعْبَد ولو لم يخلُق جنَّةً ولا نارًا، ولو لم يَضَع ثوابًا ولا عقابًا، كما جاء في بعض الآثار: «لو لم أخلُق جنَّةً ولا نارًا، أما كنتُ أهلًا أن أُعْبَد؟» (٢). فهو سبحانه يستحقُّ غاية الحبِّ والطَّاعة والثَّناء والمجد والتَّعظيم؛ لذاته، ولما له من أوصاف الكمال ونُعوت الجلال. وحبُّه والرِّضا به وعنه والذُّلُّ له والخضوعُ والتَّعبُّدُ هو غاية سعادة النَّفس وكمالها، والنَّفس إذا فقدت ذلك كانت بمنزلة الجسد الذي فقدَ روحَه وحياتَه، والعين التي فقدت ضوءها ونورَها، بل أسوأ حالًا من ذلك مِنْ وجهين: أحدهما: أنَّ غاية الجسد إذا فقدَ روحَه أن يصيرَ معطَّلًا ميتًا، وكذلك العينُ تصيرُ معطَّلة، وأمَّا النَّفس إذا فقدت كمالَها المذكورَ فإنها تبقى معذَّبةً متألِّمة، وكلَّما اشتدَّ حجابُها اشتدَّ عذابُها وألمُها، وشاهدُ هذا ما يجدُه المُحِبُّ الصادقُ المحبةِ من العذاب والألم عند احتجاب محبوبه عنه، ولا
(١) (ت، ص): «والندب إليه». (٢) تقدم تخريجه (ص: ١٠٧٨).

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