Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Revenons donc à ce qui nous occupait : l’exposé des diverses voies suivies par les hommes quant aux finalités des actes d’adoration.

Deuxième voie : celle de ceux — parmi les muʿtazilites et leurs continuateurs — qui soutiennent qu’Allah, exalté soit-Il, a soumis Ses serviteurs à ces prescriptions afin de les récompenser, qu’Il les a « engagés » par ces œuvres contre une rémunération et qu’Il leur en a offert la contrepartie.

Ils disent : « Une faveur qu’Il accorderait dans l’au-delà sans œuvres ne serait pas convenable ; elle altérerait la pureté du don initial et porterait atteinte à la louange, à l’éloge et à la vénération qui ne se méritent que par la responsabilité imposée. »

Certains d’entre eux affirment que les obligations légales ne sont qu’un لطف — une grâce subtile — facilitant l’accomplissement des devoirs rationnels.

D’autres encore prétendent que la finalité visée, d’où découle la récompense, est l’action elle-même, tandis que la connaissance n’est qu’un moyen d’y parvenir ; ils vont même jusqu’à dire cela au sujet de la connaissance d’Allah, exalté soit-Il, soutenant qu’elle n’a été imposée que parce qu’elle constitue un لطف dans l’exécution des devoirs pratiques.

Le simple fait, pour un esprit avisé, de concevoir correctement de telles opinions suffit à le convaincre de leur fausseté et l’exonère de l’effort de les réfuter ; les arguments qui prouvent leur nullité sont, de surcroît, trop nombreux pour être tous mentionnés ici.

Troisième voie : celle des jabrites et de ceux qui partagent leur position ; selon eux, Allah — qu’Il soit exalté et glorifié — a éprouvé Ses serviteurs et les a chargés de ces obligations sans qu’il y ait pour Lui ni sagesse, ni finalité recherchée, ni aucune cause (1) que ce soit : ni lām de finalité, ni bāʾ de causalité, rien d’autre que la pure volonté, la décision souveraine — exactement ce qu’ils affirment également à propos de la création.

(1) Dans le manuscrit (T), on lit : « pour une raison ».
فلنرجِع إلى ما كنَّا فيه من بيان طُرق النَّاس في مقاصد العبادات. الطَّريق الثَّاني: طريقُ من يقولُ من المعتزلة ومن تابعهم: إنَّ الله سبحانه عرَّضهم بها للثَّواب، واستأجَرهم بتلك الأعمال للجزاء، فعاوَضهم عليها معاوَضةً. قالوا: والإنعامُ منه في الآخرة بدون الأعمال غيرُ حسَن؛ لما فيه من تكدير منَّة العطاء ابتداءً، ولما فيه من الإخلال بالمدح والثَّناء والتَّعظيم الذي لا يُسْتَحقُّ إلا بالتكليف. ومنهم من يقول: إنَّ الواجبات الشَّرعيَّة لُطْفٌ في الواجبات العقليَّة. ومنهم من يقول: إنَّ الغاية المقصودة التي يحصُل بها الثَّوابُ هي العمل، والعلمُ وسيلةٌ إليه. حتَّى ربَّما قالوا ذلك في معرفة الله تعالى، وأنها إنما وجبت لأنها لُطْفٌ في أداء الواجبات العمليَّة. وهذه الأقوالُ تَصَوُّرُ العاقلِ اللبيب لها حقَّ التَّصوُّر كافٍ في جزمه ببطلانها، رافعٌ عنه مؤنةَ الرَّدِّ عليها، والوجوه الدَّالَّةُ على بطلانها أكثرُ من أن تُذْكَرَ هاهنا. الطَّريق الثَّالث: طريقُ الجَبْريَّة ومن وافقهم؛ أنَّ الله تعالى سبحانه امتحنَ عبادَه بذلك، وكلَّفهم، لا لحكمةٍ ولا لغاية مطلوبةٍ له ولا بسببٍ (١) من الأسباب، فلا لامُ تعليلٍ ولا باءُ سببٍ، إن هو إلا محضُ المشيئة، وصِرْفُ الإرادة. كما قالوا في الخَلْق سواء.
(١) (ت): «لسبب».

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