Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ainsi que ce qui, des composés, retourne à ses éléments, et quelques-uns des effets qui se manifestent dans le monde lorsqu’ils se mêlent et s’entremêlent. Quel perfectionnement de l’âme y a-t-il donc là ? Quelle félicité peut-elle en retirer ?!

– Ou bien il s’agit d’une « science divine » entièrement illusoire : pas une seule de ses questions ne les a conduits à la vérité.

Parmi leurs carences, il y a encore ceci : la perfection et la félicité de l’âme que l’on tient des messagers – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur eux – ne subsistent aujourd’hui chez eux ni comme sensation, ni comme information, pas même sous forme d’un indice ou d’une trace ; ils sont, en réalité, les plus éloignés de tous des perfections et des bonheurs de l’âme.

Une fois admis que l’âme a absolument besoin d’un objet de désir aimé pour lui-même, qu’elle ne peut être saine que grâce à lui, ni parachevée qu’en l’aimant, en le préférant et en coupant les attaches à tout autre ; et une fois reconnu que cet objet constitue l’ultime terme de sa quête et de son désir, alors il ne peut s’agir que d’Allah, il n’est de divinité que Lui. Le Très-Haut a dit : « Ont-ils pris, de la terre, des divinités capables de ressusciter ? (21) S’il y avait dans les deux (cieux et terre) d’autres dieux qu’Allah, elles seraient toutes deux corrompues. » (Al-Anbiyâʾ, 21-22).

Le salut, le sérieux et la félicité de l’homme ne résident que dans cette voie ; il en est de même pour les anges, les djinns et tout être vivant doué de perception (1) : aucun n’accède au plein équilibre si Allah, Lui seul, n’est son Dieu, son objet d’adoration et l’ultime visée de son cœur. Si Allah le veut, tu trouveras plus loin un exposé détaillé (2) et l’établissement des preuves concernant cette exigence suprême, qui constitue la quintessence de la félicité des âmes et la plus noble de leurs aspirations (3).

(1) Il s’agit ici de la faculté de perception. Cf. Ibn Taymiyya, Darʾ taʿāruḍ al-ʿaql wa-l-naql, t. 10, p. 94 ; Ibn al-Qayyim, Shifāʾ al-ʿalīl, p. 830. (2) La lacune du manuscrit (T) se termine à cet endroit. (3) Cette particularité ne se retrouve pas dans le reste de l’ouvrage ; voir notre note introductive.
وبعض ما يقعُ في العالم من الآثار بامتزاجها واختلاطها. وأيُّ كمالٍ للنَّفس في هذا؟! وأيُّ سعادةٍ لها فيه؟! * وإمَّا علمٌ إلهيٌّ كلُّه باطلٌ لم يوفَّقوا لإصابة الحقِّ فيه في مسألةٍ واحدة. ومنها: أنَّ كمالَ النَّفس وسعادتها المستفادَ من الرُّسل ــ صلواتُ الله وسلامُه عليهم ــ ليس عندهم اليوم منه حِسٌّ ولا خبر، ولا عينٌ ولا أثر؛ فهم أبعدُ النَّاس من كمالات النُّفوس وسعاداتها. وإذا عُرِفَ ذلك، وأنه لابدَّ للنَّفس من مرادٍ محبوبٍ لذاته لا تصلُح إلا به، ولا تكمُل إلا بحبِّه وإيثاره وقَطْع العلائق عن غيره، وأنَّ ذلك هو النِّهاية وغاية مطلوبها ومرادها الذي إليه ينتهي الطَّلب، فليس ذلك إلا الله الذي لا إله إلا هو، قال تعالى: ﴿أَمِ اتَّخَذُوا آلِهَةً مِنَ الْأَرْضِ هُمْ يُنْشِرُونَ (٢١) لَوْ كَانَ فِيهِمَا آلِهَةٌ إِلَّا اللَّهُ لَفَسَدَتَا﴾ [الأنبياء: ٢١ - ٢٢]. وليس صلاحُ الإنسان وجَدُّه وسعادتُه إلا بذلك، بل وكذلك الملائكةُ والجنُّ وكلُّ حيٍّ شاعرٍ (١) لا صلاحَ له إلا بأن يكون الله وحدَه إلهه ومعبودَه وغاية مراده، وسيمرُّ بك إن شاء الله بسطُ القول في ذلك وإقامةُ (٢) البراهين على هذا المطلوب الأعظم الذي هو غاية سعادة النُّفوس وأشرفُ مطالبها (٣).
(١) من الشُّعور. انظر: «درء التعارض» (١٠/ ٩٤)، و «شفاء العليل» (٨٣٠). (٢) انتهى هنا السقط من (ت). (٣) لم يقع ذلك في باقي الكتاب. وراجع ما كتبناه في المقدمة.

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