à de nombreux égards (1) :
– Premièrement, ce qu’ils ont avancé n’accorde pas à l’âme la perfection pour laquelle elle a été créée, ainsi que nous l’avons montré.
– Deuxièmement, la perfection de la faculté pratique qu’ils décrivent n’a pour ultime but que d’entretenir le corps, simple instrument de l’âme ; ils n’ont rien dit, en revanche, de la perfection volontaire et pratique (2) de l’âme qui se réalise par l’amour, la crainte et l’espérance.
– Troisièmement, la perfection de l’âme réside dans la connaissance jointe à la volonté, non dans la seule connaissance ; car le savoir à l’état brut n’est pas une perfection, à moins que l’âme ne veuille et n’aime Celui auprès duquel elle ne peut trouver de bonheur qu’en Le voulant et en L’aimant. Ainsi, la connaissance pure ne confère aucune perfection si elle n’est assortie de la volonté et de l’amour.
– Quatrièmement, quand bien même le savoir suffirait, à lui seul, à parfaire l’âme, le savoir qu’ils possèdent ne constituerait pas cette perfection, puisque le sommet de leur science se limite :
- soit à des sciences mathématiques exactes dont l’utilité est du même ordre que celle des métiers artisanaux, et l’artisanat se révèle parfois plus approprié et plus profitable que nombre d’entre elles ;
- soit à une science naturelle exacte dont la finalité (3) est de connaître les éléments, certaines de leurs propriétés et de leurs natures, de même que ce qui se compose à partir d’eux et ce qui, des composés, se résout (4) en eux,