Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

à de nombreux égards (1) :

– Premièrement, ce qu’ils ont avancé n’accorde pas à l’âme la perfection pour laquelle elle a été créée, ainsi que nous l’avons montré.

– Deuxièmement, la perfection de la faculté pratique qu’ils décrivent n’a pour ultime but que d’entretenir le corps, simple instrument de l’âme ; ils n’ont rien dit, en revanche, de la perfection volontaire et pratique (2) de l’âme qui se réalise par l’amour, la crainte et l’espérance.

– Troisièmement, la perfection de l’âme réside dans la connaissance jointe à la volonté, non dans la seule connaissance ; car le savoir à l’état brut n’est pas une perfection, à moins que l’âme ne veuille et n’aime Celui auprès duquel elle ne peut trouver de bonheur qu’en Le voulant et en L’aimant. Ainsi, la connaissance pure ne confère aucune perfection si elle n’est assortie de la volonté et de l’amour.

– Quatrièmement, quand bien même le savoir suffirait, à lui seul, à parfaire l’âme, le savoir qu’ils possèdent ne constituerait pas cette perfection, puisque le sommet de leur science se limite :

  • soit à des sciences mathématiques exactes dont l’utilité est du même ordre que celle des métiers artisanaux, et l’artisanat se révèle parfois plus approprié et plus profitable que nombre d’entre elles ;
  • soit à une science naturelle exacte dont la finalité (3) est de connaître les éléments, certaines de leurs propriétés et de leurs natures, de même que ce qui se compose à partir d’eux et ce qui, des composés, se résout (4) en eux,
(1) Voir : Ibn Taymiyya, « as-Safadiyya », vol. 2, p. 233, 249 sq. ; id., « Majmûʿ al-Fatâwâ », vol. 2, p. 94 ; id., « Darʾ taʿâruḍ al-ʿaql wa’n-naql », vol. 3, p. 274 ; id., « ar-Radd ʿalâ al-mantiqiyyîn », p. 144. (2) Le manuscrit (ṭ) lit : « wal-ʿamal » (« et l’action »). (3) Les copies (q, d) portent : « ʿilm ṭabîʿî ghâya ṣaḥîḥa » (« une science naturelle, un but correct »). Nous retenons la leçon de (ṭ), jugée plus appropriée. (4) Les sources principales indiquent « al-mujibât », lectio corrupta ; cf. « at-Taʿrîfât », p. 24.
من وجوهٍ كثيرة (١): منها: أنَّ ما ذكروه لا يعطي كمالَ النَّفس الذي خُلِقَت له، كما بينَّاه. ومنها: أنَّ ما ذكروه في كمال القوَّة العمليَّة إنما غايتُه إصلاحُ البدن الذي هو آلةُ النَّفس، ولم يذكروا كمالَ النَّفس الإراديَّ والعمليَّ (٢) بالمحبة والخوف والرَّجاء. ومنها: أنَّ كمالَ النَّفس في العلم والإرادة، لا في مجرَّد العلم؛ فإنَّ مجرَّد العلم ليس بكمالٍ للنَّفس ما لم تكن مريدةً محبةً لمن لا سعادة لها إلا بإرادته ومحبته، فالعلمُ المجرَّدُ لا يعطي النَّفس كمالًا ما لم تقترن به الإرادةُ والمحبة. ومنها: أنَّ العلمَ لو كان كمالًا بمجرَّده لم يكن ما عندهم من العلم كمالًا للنَّفس، فإنَّ غاية ما عندهم: * [إمَّا] علومٌ رياضيَّة صحيحة، مصالحُها من جنس مصالح الصِّناعات، وربَّما كانت الصِّناعاتُ أصلحَ وأنفعَ من كثيرٍ منها. * وإمَّا علمٌ طبيعيٌّ صحيح، غايتُه (٣) معرفةُ العناصر وبعض خواصِّها وطبائعها، ومعرفةُ بعض ما يتركَّبُ منها، وما يستحيلُ من المركَّبات (٤) إليها،
(١) انظر: «الصفدية» (٢/ ٢٣٣، ٢٤٩ وما بعدها)، و «مجموع الفتاوى» (٢/ ٩٤)، و «درء التعارض» (٣/ ٢٧٤)، و «الرد على المنطقيين» (١٤٤). (٢) (ط): «والعمل». (٣) (ق، د): «علم طبيعي غاية صحيحة». والمثبت من (ط)، وهو أشبه. (٤) في الأصول: «الموجبات». وهو تحريف. انظر: «التعريفات» (٢٤).

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