En effet, ils n’ont pas précisé l’objet de la chasteté : de quoi doit-elle se garder ? ni la mesure au-delà de laquelle le serviteur verse dans la débauche. De même, ils n’ont pas indiqué les situations où la mansuétude est requise, ni son juste degré : quand est-elle louable, quand devient-elle blâmable ? Il en va de même pour le courage. Quant à la science, ils n’ont pas distingué celle qui purifie les âmes et les rend heureuses de celle qui ne produit pas cet effet ; en vérité, ils ne la connaissaient même pas.
Les messagers – qu’Allah répande sur eux Sa bénédiction et Son salut – ont, au contraire, éclairci tout cela avec la plus grande clarté et l’ont détaillé de la façon la plus parfaite. Allah l’a d’ailleurs condensé dans Son Livre en un seul verset : « Dis : “Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes, apparentes ou cachées, le péché, l’agression injuste, d’associer à Allah ce pour quoi Il n’a fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas.” » (Les Murailles, 33).
Ces quatre catégories ainsi interdites (1) le sont d’une interdiction absolue : Il n’en a permis aucune à quiconque parmi les créatures, ni dans aucune circonstance, contrairement à la bête morte, au sang et à la viande de porc, illicites dans certains cas mais licites dans d’autres. Quant à ces quatre-là, l’interdiction est sans exception (2).
Les turpitudes se rattachent à la concupiscence, et la rectification de la faculté du désir consiste à les fuir (3) ; l’agression injuste se rattache à la colère, et la rectification de la faculté irascible consiste à l’éviter. L’association à Allah est, quant à elle, une injustice énorme – l’injustice par excellence –, foncièrement contraire à l’équité et à la connaissance (4).