était liée à l’amour et à la divinisation, non à la création, à la puissance ni à la seigneurie. Voilà l’égalisation qu’Allah rapporte au sujet des mécréants lorsqu’Il dit : « Louange à Allah qui a créé les cieux et la terre, qui a fait les ténèbres et la lumière ; puis ceux qui ont mécru mettent leur Seigneur sur le même pied » (Les Bestiaux, 1). Selon l’avis le plus fondé, le sens est : « Puis ceux qui ont mécru donnent des égaux à leur Seigneur », c’est-à-dire qu’ils Lui assignent un pair (1) qu’ils aiment et adorent tout comme ils aiment et adorent Allah.
De ce fait, la “sagesse” théorique et pratique exposée par les philosophes ne renferme ni connaissances ni œuvres susceptibles d’assurer le bonheur des âmes et de les sauver du châtiment. Dans leur sagesse spéculative, on ne trouve aucune foi en Allah, ni en Ses anges, ni en Ses Livres, ni en Ses messagers, ni en la rencontre avec Lui ; dans leur sagesse pratique, nul culte qui Lui soit voué exclusivement, nulle recherche de Son agrément, nulle fuite de ce qui Le courrouce. Or il est manifeste que les âmes n’ont ni félicité ni réussite en dehors de cela ; aussi leur sagesse, qu’elle soit théorique ou pratique, ne contient-elle rien qui procure véritablement bonheur et salut aux âmes.
C’est pourquoi ils n’entrent pas dans le cercle des communautés promises au bonheur dans l’au-delà, à savoir les quatre groupes évoqués dans cette parole d’Allah : « Ceux qui croient, les Juifs, les chrétiens et les sabéens : quiconque croit en Allah et au Jour dernier et accomplit de bonnes œuvres, ceux-là auront leur récompense auprès de leur Seigneur ; nulle crainte pour eux et ils ne seront point affligés » (La Vache, 62).
Quant aux quatre perfectionnements que les philosophes attribuent à l’âme, ils sont certes indispensables à sa complétude et à sa rectitude ; toutefois ils ont gravement failli en ne précisant pas leur objet ni en traçant la limite nette entre ce qui conduit au bonheur et ce qui n’y conduit pas.