Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

la perfection ultime de l’âme consiste, selon eux, en l’achèvement de ses deux facultés, cognitive et pratique : l’achèvement de la première réside, à leurs yeux, dans l’impression des formes du savoir au cœur de l’âme, tandis que l’achèvement de la seconde se réalise par la justice.

Tel est (1) tout le capital qu’ils possèdent en matière de science et d’action. Or, rien là-dedans n’éclaire la spécificité de l’âme – celle sans laquelle elle ne saurait jamais atteindre la perfection, car c’est pour cela qu’elle a été créée et qu’on attend d’elle –, et cette réalité, ils ne la connaissent pas ; ils n’en ont qu’une connaissance infime, sans utilité réelle ni portée pour atteindre le but recherché : il s’agit de la connaissance d’Allah, de Ses noms et attributs, de ce qui convient à Sa majesté et de ce dont Il est exalté et sanctifié, de la connaissance de Son ordre et de Sa religion, de la distinction entre ce qui L’agrée et ce qui Le courrouce, de l’épuisement de ses forces pour se rapprocher de Lui, et du fait de remplir son cœur de Son amour jusqu’à ce que la souveraineté de cet amour domine tout autre amour.

Le serviteur ne trouvera de félicité, ni en ce monde ni dans l’au-delà, qu’à travers cela ; l’esprit n’atteindra jamais la perfection sans cela. C’est pour cette finalité qu’il a été créé ; c’est même pour elle que les cieux et la terre ont été façonnés et que le Paradis et l’Enfer ont été établis, comme nous le démontrerons sous plus de cent aspects, si Allah le veut (2). Il est évident que ces gens n’en savent rien : ils sont dans une vallée quand les véritables connaisseurs en habitent une autre.

Telle est la religion sur laquelle tous les prophètes (3), du premier jusqu’au dernier, se sont accordés : tous l’ont apportée et ont annoncé qu’Allah l’a agréée pour Ses serviteurs, qu’Il la leur a légiférée et leur a ordonné de l’observer, comme le Très-Haut dit : « Nous avons certes envoyé dans chaque communauté un messager : “Adorez Allah…” »

(1) Les manuscrits D et Q portent : « Et cela alors même qu’il constitue une finalité. » (2) Cette tournure ne réapparaît nulle part ailleurs dans l’ouvrage ; voir notre note introductive. (3) Le manuscrit T indique : « les prophètes se sont réunis ».
غاية كمال النَّفس، وهو استكمالُ قوَّتيها العِلميَّة والعمليَّة، فاستكمالُ قوَّتها العِلميَّة عندهم بانطباع صُوَر المعلومات في النَّفس، واستكمالُ قوَّتها العمليَّة بالعدل. وهذا غايةُ (١) ما عندهم من العلم والعمل، وليس فيه بيانُ خاصِّيَّة النَّفس التي لا كمال لها بدونه البتَّة، وهو الذي خُلِقت له، وأُريد منها، بل ما عرفه القوم؛ لأنه لم يكن عندهم مِن معرفة متعلَّقه إلا نزرٌ يسيرٌ غيرُ مُجْدٍ ولا محصِّلٍ للمقصود، وذلك معرفةُ الله بأسمائه وصفاته، ومعرفةُ ما ينبغي لجلاله، وما يتعالى ويتقدَّسُ عنه، ومعرفةُ أمره ودينه، والتَّمييزُ بين مواقع رضاه وسخطه، واستفراغُ الوُسْع في التقرُّب إليه، وامتلاءُ القلب بمحبته، بحيث يكون سلطانُ حبِّه قاهرًا لكلِّ محبة. ولا سعادة للعبد في دنياه ولا في أخراه إلا بذلك، ولا كمال للرُّوح بدون ذلك البتَّة، وهذا هو الذي خُلِق له وأُريد منه، بل ولأجله خُلِقت السَّمواتُ والأرض، واتُّخِذَت الجنَّةُ والنَّار، كما سيأتي تقريرُه من أكثر من مئة وجهٍ إن شاء الله (٢)، ومعلومٌ أنه ليس عند القوم من هذا خبَر، بل هم في وادٍ وأهلُ الشأن في وادٍ. وهذا هو الدِّينُ الذي أجمعت الأنبياءُ (٣) عليه من أوَّلهم إلى خاتمتهم، كلُّهم جاء به وأخبَر عن الله أنه دينُه الذي رَضِيَه لعباده وشَرَعَه لهم وأمرهم به، كما قال تعالى: ﴿وَلَقَدْ بَعَثْنَا فِي كُلِّ أُمَّةٍ رَسُولًا أَنِ اعْبُدُوا اللَّهَ
(١) (د، ق): «وهذا مع أنه غاية». (٢) لم يقع ذلك في باقي الكتاب. وراجع ما كتبناه في المقدمة. (٣) (ت): «اجتمعت الأنبياء».

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