Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et ainsi de suite (1). Ce sujet requiert toute notre attention et il ne convient pas de l’écarter d’un revers de main. Nous disons donc : les conceptions que les hommes se font du but des législations divines, des ordres et des interdictions se ramènent à quatre voies (2).

La première est la voie de ceux qui, parmi les philosophes et leurs adeptes se réclamant des religions révélées, soutiennent que ces prescriptions visent à polir et à rectifier les caractères de l’âme afin de la préparer à recevoir la sagesse spéculative et pratique.

D’autres affirment que cette préparation a pour but de faire de l’âme le réceptacle où s’impriment les formes des intelligibles (3).

Le bénéfice recherché, selon eux, ressemble au résultat obtenu lorsqu’on polit un miroir pour y faire apparaître les images ; de la sorte, ils rangent les prescriptions religieuses parmi les vertus morales et les politiques équitables.

C’est pourquoi les philosophes musulmans ont voulu concilier la sharîʿa et la philosophie, comme l’ont fait Ibn Sînâ, al-Fârâbî et leurs semblables ; cela les a menés à traiter des phénomènes extraordinaires et des miracles à la manière des philosophes péripatéticiens (4), en leur attribuant trois causes :

– la première : les forces astrales ;
– la deuxième : les forces psychiques.

(1) Voir supra, p. 1000. (2) Voir : Ibn Taymiyya, al-Jawab al-sahih, t. 6, p. 23-41. (3) Var. (Q) : « al-suwar al-ma‘qulat » (les formes intelligibles). (4) Les disciples de Platon et d’Aristote, philosophes grecs, sont appelés « péripatéticiens » parce qu’ils enseignaient en marchant ; voir : al-Qifti, Akhbar al-hukama’, p. 27, 35, 37 ; Ibn Taymiyya, Dar’ ta‘arud, t. 1, p. 157.
إلى آخره (١) = فهذا مقامٌ يجبُ الاعتناءُ بشأنه، وأن لا نَضْرِبَ عنه صَفْحًا، فنقولُ: للنَّاس في المقصود بالشَّرائع والأوامر والنَّواهي أربعةُ طرق (٢): أحدها: طريقُ من يقولُ من الفلاسفة وأتباعهم من المنتسبين إلى المِلَل: إنَّ المقصودَ بها تهذيبُ أخلاق النُّفوس وتعديلُها، لتستعدَّ بذلك لقبول الحكمة العِلميَّة والعمليَّة. ومنهم من يقول: لتستعدَّ بذلك لأن تكون محلًّا لانتقاش صُوَر المعقولات (٣) فيها. ففائدةُ ذلك عندهم كالفائدة الحاصلة مِن صَقْل المِرآة لتستعدَّ لظهور الصُّوَر فيها، وهؤلاء يجعلون الشرائع من جنس الأخلاق الفاضلة والسِّياسات العادلة. ولهذا رامَ فلاسفةُ الإسلام الجمعَ بين الشَّريعة والفلسفة، كما فعل ابنُ سينا والفارابي وأضرابهما، وآل بهم إلى أن تكلَّموا في خوارق العادات والمعجزات على طريق الفلاسفة المشَّائين (٤)، وجعلوا لها أسبابًا ثلاثة: أحدها: القُوى الفلَكيَّة. والثَّاني: القُوى النَّفسيَّة.
(١) انظر ما تقدم (ص: ١٠٠٠). (٢) انظر: «الجواب الصحيح» (٦/ ٢٣ - ٤١). (٣) (ق): «الصور المعقولات». (٤) أتباع أفلاطون وأرسطو، من فلاسفة اليونان، سمُّوا بذلك لأنهم كانوا يعلِّمون تلاميذهم وهم يمشون. انظر: «أخبار الحكماء» للقفطي (٢٧، ٣٥، ٣٧)، و «درء التعارض» (١/ ١٥٧).

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