ni bien-être dans la vie quotidienne, ni stabilité pour aucun royaume ; les hommes seraient alors semblables aux bêtes, aux fauves prédateurs et aux chiens enragés qui se jettent les uns sur les autres.
Tout ornement (1) que l’on contemple dans le monde provient des traces de la prophétie, et toute tare (2) qui s’y est produite ou s’y produira encore est due au fait que ces traces se sont voilées ou ont disparu. L’univers est alors un corps (3) dont l’âme est la prophétie ; or un corps ne saurait subsister sans son âme.
Ainsi, si le soleil de la prophétie venait un jour à s’éclipser complètement du monde, de sorte qu’il ne subsiste plus sur terre la moindre de ses traces, son ciel se fendra, ses étoiles se disperseront, son soleil s’enroulera, sa lune s’effacera, ses montagnes seront pulvérisées, sa terre tremblera et tous ceux qui s’y trouvent seront anéantis ; car le monde ne se maintient que grâce aux traces de la prophétie.
C’est pourquoi tout endroit où se manifestent les traces de la prophétie voit ses habitants jouir d’une situation meilleure et d’un esprit plus paisible que le lieu où ces traces demeurent cachées.
En définitive, la nécessité qu’a le monde de la prophétie est plus grande que son besoin de la lumière du soleil, et plus impérieuse encore que son besoin de l’eau et de l’air sans lesquels il n’a pas de vie.
Section
Quant à ce qu’avancent les philosophes au sujet du but des législations – à savoir qu’elles viseraient à parfaire dans l’âme ses facultés spéculatives et pratiques, et que les prescriptions ne feraient qu’asseoir ce que la raison a déjà établi sans rien y changer (4)