Dès lors, le besoin des messagers est vital – il surpasse tout autre besoin : jamais le monde n’a été aussi dépendant de quelque chose qu’il ne l’est des envoyés, que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur eux tous. C’est pour cela que le Très-Haut rappelle à Ses serviteurs le bienfait qu’Il leur a accordé en leur envoyant Son Messager, et Il le compte parmi Ses grâces les plus éclatantes : leur nécessité envers lui est si pressante, leurs intérêts, particuliers comme collectifs, dépendent intégralement de lui ; sans les messagers, point de bonheur, de réussite ni même d’existence viable.
Certes, la raison peut parvenir à saisir la beauté ou la laideur de certains actes ; mais comment pourrait-elle connaître Allah, Ses noms, Ses attributs et les faveurs par lesquelles Il s’est fait connaître à Ses serviteurs par la voix de Ses envoyés ? D’où tiendrait-elle le détail de Sa Loi et de la religion qu’Il a instaurées pour eux ? Comment discernerait-elle, dans le détail, ce qu’Il aime et agrée de ce qu’Il réprouve et déteste ? Comment connaîtrait-elle les précisions relatives à Sa récompense et à Son châtiment, à ce qu’Il a réservé à Ses alliés comme à Ses ennemis, à la mesure, à la nature et aux degrés de ces rétributions ? D’où viendrait-elle à la connaissance de l’invisible qu’Allah ne révèle à aucune de Ses créatures, si ce n’est à celui qu’Il agrée parmi Ses messagers ? Et que dire de tout le reste qu’ils ont apporté et transmis de Sa part, alors que la raison n’a aucun moyen d’y accéder ?
Comment, dès lors, la simple perception rationnelle de la beauté ou de la laideur de quelques actes pourrait-elle dispenser de ce qu’ont apporté les messagers ?!
Il apparaît ainsi que vos propos ne sont qu’un grossier épouvantail rempli de faussetés – louange à Allah.
Il ressort également de tout cela la déficience des philosophes dans leur connaissance de la prophétie : ils n’en savent guère plus que la foule ne connaît de leurs spéculations rationnelles ; en réalité, leur science concernant la prophétie, sa nature, son immense valeur et son contenu est bien moindre que ce que le commun comprend de leurs propres démonstrations. À l’égard de la prophétie, ils ne sont que des profanes, tout comme celui qui ignore leurs sciences demeure, pour eux, un simple profane !
Sans la prophétie, il n’y aurait dans le monde absolument aucune science profitable, ni œuvre vertueuse, ni