De même, l’intellect est incapable de discerner la beauté ou la laideur de chaque acte tant que les Lois révélées (1) n’en ont pas exposé (2) le détail et l’explication ; ce que la raison saine avait néanmoins saisi, celles-ci l’ont confirmé. Quant à ce qui est beau à une époque et vil à une autre, sans que la raison ne distingue le moment de sa beauté de celui de sa laideur, les Lois révélées l’ont prescrit au temps où il est beau et l’ont proscrit au temps où il est vil.
De la même manière, un acte peut renfermer simultanément un intérêt et un préjudice. Or les esprits ne savent pas si le préjudice l’emporte ou si, au contraire, l’intérêt prédomine ; la raison demeure donc en suspens. Les Lois révélées viennent alors trancher : elles commandent ce dont le bénéfice est supérieur et interdisent ce dont le mal prévaut.
Il arrive encore qu’un même acte soit profitable à quelqu’un et nuisible à un autre, chose que la raison ne perçoit pas. Les Lois révélées le clarifient : elles le prescrivent à celui pour qui il est bénéfique et le prohibent à celui pour qui il est dommageable.
De même, un acte peut paraître, en surface, préjudiciable, alors qu’il recèle un immense bien que la raison ne saurait découvrir ; seul le droit révélé le dévoile, ainsi qu’en témoignent le jihâd et le combat dans la voie d’Allah. À l’inverse, un acte peut sembler avantageux tout en dissimulant un grave préjudice que la raison ignore ; les Lois révélées viennent donc mettre en lumière le bénéfice prépondérant ou le tort majeur qu’il contient.
Cela, alors même que ce que la raison est incapable de saisir de la beauté ou de la laideur des actes n’est pas moindre que ce qu’elle en saisit (3).