et de la punition. Quant à vous, une telle démonstration vous est impossible : d’après votre doctrine, ces actes ne sont rien d’autre que l’œuvre d’Allah dans le serviteur, qui n’y a strictement aucune part. Comment, dès lors, les prescriptions et interdictions de la Loi pourraient-elles viser un être qui n’est pas l’auteur de ses actes ? On en viendrait ainsi à lui ordonner ou à lui défendre ce sur quoi il n’a rigoureusement aucune capacité, voire des actes accomplis par un autre que lui !
Ils ajoutent : « Que l’observateur équitable réfléchisse à cette question ; il verra que l’adversaire s’est lui-même fermé la voie de la prophétie et a ouvert la porte qui permet de s’en passer. »
Ils poursuivent : « De plus, Allah — exalté soit-Il — a façonné Ses serviteurs de sorte qu’ils distinguent le beau du blâmable ; Il a implanté dans leur raison la faculté de percevoir et de différencier ces deux catégories, tout comme Il les a naturellement portés à distinguer l’utile du nuisible, ce qui leur convient de ce qui les rebute, déposant dans leurs sens la perception et la discrimination de ces diverses espèces.
La première fitra, c’est-à-dire la disposition innée (1), est le propre de l’homme et le distingue des autres animaux, tandis que la seconde est commune à toutes les espèces animales (2). Or, c’est exclusivement par la première que se dresse contre l’homme l’argument d’Allah. C’est pourquoi, parmi toutes les créatures, il est le seul à qui des messagers ont été envoyés, le seul concerné par l’ordre et l’interdiction, la récompense et la punition. Le Très-Haut a donc placé dans son intellect de quoi discerner le beau du blâmable, ce qu’il convient de préférer et ce qu’il convient d’éviter ; puis Il a renforcé contre lui Son argument par une révélation, faisant de ce juge intérieur le moyen de reconnaître la mission, d’en percevoir la sagesse, la valeur des prescriptions qu’elle contient et le caractère blâmable de ce qu’elle proscrit. Sans la faculté de discernement ainsi implantée dans son esprit, l’homme serait incapable de saisir la beauté de la révélation, la qualité de ce qu’elle ordonne et la laideur de ce qu’elle interdit.