Les affirmateurs répliquèrent : « Voilà une parole redoutable, mais, à l’examen, elle se révèle infondée ; si son auteur se montrait équitable, il reconnaîtrait qu’entre lui et nous la situation relève du dicton ancien : « Elle m’a imputé son propre mal, puis s’est éclipsée. » (1)
Nous avons déjà montré que les négateurs, en reniant cette question, se sont eux-mêmes coupé la voie qui mène à l’établissement de la prophétie. Ils soutiennent, en effet, qu’Allah peut faire tout ce qu’Il veut, y compris manifester un miracle par la main d’un imposteur ; qu’il n’existe, pour Lui (2), aucune différence entre le produire par un véridique ou par un menteur ; que la raison ne fournit aucun indice permettant d’affirmer l’impossibilité de l’un ni la possibilité de l’autre, et que seule la révélation pourrait en décider. Si l’on y ajoute encore leur dénégation absolue du fait que le serviteur soit un agent véritablement libre (3), la porte se trouve entièrement close : les ordres et les interdictions de la Loi ne concernent que les actes volontaires des serviteurs ; or, si quelqu’un n’a ni acte propre ni libre choix, comment concevoir qu’il soit l’objet d’un commandement ou d’une défense ? Nous avons déjà exposé l’argument qui vous a réduits au silence et votre incapacité d’y répondre.
Quant à nous, cette même question nous a, au contraire, facilité la démonstration de la prophétie ; à vrai dire, il est impossible de l’établir sans reconnaître cette distinction. Dès lors qu’il est acquis que certains actes sont bons et d’autres blâmables, que faire apparaître un miracle aux mains d’un menteur est blâmable, et qu’Allah — exalté et sanctifié soit-Il — Se tient au-dessus de tout acte blâmable, nous savons avec certitude l’authenticité de la mission de celui entre les mains duquel Il fait surgir des signes et des prodiges. Vous, en revanche, êtes incapables de parvenir à une telle certitude.
Nous disons également que le serviteur est l’agent libre de ses actes ; les commandements et les interdictions de la Loi s’adressent exclusivement à son acte volontaire, inhérent à lui-même, et c’est là le fondement de la récompense