Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qu’une créature s’y adonne, faute pour la plupart d’entre elles de posséder pareille sagesse. À la majesté de Sa transcendance conviennent la souveraine grandeur et la majesté, tandis qu’il serait blâmable qu’une créature se les approprie, ainsi que le rapporte le Messager d’Allah ﷺ : « La grandeur absolue est Mon manteau et la majesté Mon vêtement ; quiconque Me dispute l’un d’eux, Je le châtierai. » (1)

De même, il est légitime qu’Il fasse mourir Ses créatures, qu’Il les éprouve et les soumette à toutes sortes d’épreuves, alors qu’il serait répréhensible pour une créature d’agir ainsi. Ces exemples sont trop nombreux pour être dénombrés ; il n’existe en effet aucun principe commun entre Allah et Ses créatures qui imposerait que ce qui est louable chez elles le soit pour Lui, ou que ce qui est blâmable chez elles le soit pour Lui. De telles objections ne visent que ceux qui assimilent les actes d’Allah à ceux de Ses serviteurs. Quant à celui qui reconnaît qu’Il possède une sagesse qui Lui est propre (2), incomparable à celle des créatures, il demeure à l’abri de ces reproches et s’en trouve fort éloigné.

Le point décisif est que l’invalidation de la doctrine du « salutaire et du plus salutaire » n’implique nullement la négation de la sagesse ni de la finalité ; et c’est Allah qui accorde la réussite.

Soixante-quatrième aspect : vous dites : « Par cette question, vous avez ouvert la voie à se passer des prophéties et vous avez donné prise, par là même, aux philosophes, aux brahmanes, aux sabéens et à tous les négateurs de la prophétie. Cette question est, dites-vous, la porte entre nous et eux ; car dès lors que vous prétendez qu’il existe dans la raison un juge qui détermine le bien et le mal, qui oblige et interdit, et qui réclame récompense et châtiment, l’envoi de messagers ne serait plus nécessaire, puisqu’il serait possible de s’en dispenser grâce à ce juge (3)… » et ainsi de suite (4).

(1) Rapporté par Muslim, n° 2620, sous une forme similaire, d’après Abû Saʿîd et Abû Hurayra. (2) Le manuscrit Q lit : «yakhta ssu bihâ» (cela lui est propre). (3) Dans les versions de base : «fa-hadhâ al-hâkim». (4) Voir supra, p. 999.
من أكثر خلقه ذلك، ويليقُ بجلاله الكبرياءُ والعظمة، ويقبُح من خلقه تعاطيهما، كما روى عنه رسولُ الله ﷺ: «الكبرياءُ إزاري، والعظمةُ ردائي، فمن نازعني واحدًا منهما عذَّبته» (١)، وكما يحسُن منه إماتةُ خلقه وابتلاؤهم وامتحانهم بأنواع المِحَن، ويقبُح ذلك من خلقه. وهذا أعظمُ من أن تُذْكَر أمثلتُه، فليس بين الله وبين خلقه جامعٌ يوجبُ أن يحسُن منه ما حسُن منهم، ويقبُح منه ما قبُح منهم، وإنما تتوجَّه تلك الإلزاماتُ إلى من قاسَ أفعالَ الله بأفعال عباده، وأمَّا من أثبتَ له حكمةً تختصُّ به (٢) لا تُشْبِه ما للمخلوقين من الحكمة فهو عن تلك الإلزامات بمَعْزِل، ومنزلُه منها أبعدُ منزِل. ونكتةُ الفَرق: أنَّ بطلانَ الصَّلاح والأصلح لا يستلزمُ بطلانَ الحكمة والتعليل، والله الموفِّق. الوجه الرابعُ والستون: قولكم: «أنتم فتحتُم بهذه المسألة طريقًا للاستغناء عن النبوَّات، وسلَّطتم عليكم بها الفلاسفةَ والبراهمةَ والصابئةَ وكلَّ منكرٍ للنبوَّات، فإنَّ هذه المسألة بابٌ بيننا وبينهم، فإنكم إذا زعمتم أنَّ في العقل حاكمًا يحسِّنُ ويقبِّح، ويوجبُ ويحرِّم، ويتقاضى الثوابَ والعقاب، لم تكن الحاجةُ إلى البعثة ضروريَّة؛ لإمكان الاستغناء عنها بهذا الحاكم (٣) .... » إلى آخره (٤).
(١) أخرجه مسلم (٢٦٢٠) بنحوه من حديث أبي سعيد وأبي هريرة. (٢) (ق): «يختص بها». (٣) في الأصول: «فهذا الحاكم». (٤) انظر ما تقدم (ص: ٩٩٩).

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