qu’une créature s’y adonne, faute pour la plupart d’entre elles de posséder pareille sagesse. À la majesté de Sa transcendance conviennent la souveraine grandeur et la majesté, tandis qu’il serait blâmable qu’une créature se les approprie, ainsi que le rapporte le Messager d’Allah ﷺ : « La grandeur absolue est Mon manteau et la majesté Mon vêtement ; quiconque Me dispute l’un d’eux, Je le châtierai. » (1)
De même, il est légitime qu’Il fasse mourir Ses créatures, qu’Il les éprouve et les soumette à toutes sortes d’épreuves, alors qu’il serait répréhensible pour une créature d’agir ainsi. Ces exemples sont trop nombreux pour être dénombrés ; il n’existe en effet aucun principe commun entre Allah et Ses créatures qui imposerait que ce qui est louable chez elles le soit pour Lui, ou que ce qui est blâmable chez elles le soit pour Lui. De telles objections ne visent que ceux qui assimilent les actes d’Allah à ceux de Ses serviteurs. Quant à celui qui reconnaît qu’Il possède une sagesse qui Lui est propre (2), incomparable à celle des créatures, il demeure à l’abri de ces reproches et s’en trouve fort éloigné.
Le point décisif est que l’invalidation de la doctrine du « salutaire et du plus salutaire » n’implique nullement la négation de la sagesse ni de la finalité ; et c’est Allah qui accorde la réussite.
Soixante-quatrième aspect : vous dites : « Par cette question, vous avez ouvert la voie à se passer des prophéties et vous avez donné prise, par là même, aux philosophes, aux brahmanes, aux sabéens et à tous les négateurs de la prophétie. Cette question est, dites-vous, la porte entre nous et eux ; car dès lors que vous prétendez qu’il existe dans la raison un juge qui détermine le bien et le mal, qui oblige et interdit, et qui réclame récompense et châtiment, l’envoi de messagers ne serait plus nécessaire, puisqu’il serait possible de s’en dispenser grâce à ce juge (3)… » et ainsi de suite (4).