et demeure constamment nostalgique de son pays natal, au point qu’il ne trouve aucun repos avant de s’y voir de nouveau (1), comme on l’a dit (2) :
« Promène donc ton cœur, si tu le veux, d’un amour à l’autre ;
l’amour véritable reste voué au premier bien-aimé.
Combien de demeures sur la terre le jeune homme peut-il fréquenter ;
sa nostalgie pourtant demeure pour la toute première demeure. »
J’ai moi-même composé quelques vers qui effleurent cette idée :
« Hâte-toi vers les Jardins d’‘Adn, car ils sont
tes premières demeures ; c’est là que se dresse le campement.
Mais nous sommes les captifs de l’ennemi ; verra-t-on
le jour où nous rentrerons chez nous, libres et saufs ? » (3)
Le secret commun à ces considérations est que Dieu — exalté soit-Il — a, selon Son jugement et Sa sagesse, décrété que les fins recherchées ne s’atteignent qu’au moyen des causes qu’Il a instituées pour y conduire. Parmi ces fins figure la plus haute, la plus excellente et la plus illustre des félicités ; elle aussi ne s’obtient que par les causes qu’Il a ordonnées et qui y mènent.
Or, si les objectifs inférieurs, malgré leur fragilité et leur caractère éphémère — se procurer nourriture, boisson, vêtements, descendance, richesse ou prestige en ce monde — ne s’acquièrent qu’au prix de leurs causes propres, comment imaginer que les plus hautes finalités et les stations les plus nobles puissent être atteintes sans le moindre moyen qui y conduise ?
Et l’acquisition de ces moyens (4) n’est possible que dans le séjour de la lutte et du labeur (5) ;