emprunté aucune des deux voies ; dès lors, aucune des deux écoles ne saurait nous imputer le moindre corollaire fallacieux — louange à Allah ! Que celui qui prétend le contraire le fasse donc paraître.
S’il est objecté : « Votre position première consiste pourtant à affirmer l’existence d’une finalité et d’une sagesse dans la création comme dans l’ordre normatif. Que faites-vous, dès lors, des conséquences que les Muʿtazilites nous ont imposées ? Quel sera votre réponse si nous vous les retournons ? »,
nous répondons : Il est incontestable que nous attribuons à Allah ce qu’Il s’est Lui-même attribué et ce dont les dispositions innées et les intelligences témoignent : la sagesse présente dans Sa création et dans Ses prescriptions. Nous affirmons que tout ce qu’Il crée et tout ce qu’Il ordonne repose sur une sagesse parfaite et des signes éclatants (1) en raison desquels Il l’a créé ou commandé. Toutefois, nous ne disons pas qu’Allah détient, dans l’ensemble de Sa création et de Ses ordres, une sagesse identique ou même comparable à celle de la créature. La distance entre les deux sagesses est à l’image de la distance qui sépare les deux actes, les deux attributs et les deux essences : « Rien ne Lui ressemble » tant dans Ses attributs que dans Ses actes ou dans quelque sagesse qu’Il viserait par Son acte. Au contraire, la différence entre le Créateur et la créature, sur tous ces points, est la plus vaste, la plus manifeste et la plus évidente pour les esprits et les dispositions naturelles (2).
Ainsi, tout ce que vous avez imputé aux partisans de la doctrine « aṣ-ṣalāḥ wa-l-aṣlaḥ » (3) — et bien davantage encore — Allah le réalise en vertu d’une sagesse qui Lui est propre, dans laquelle nul ne partage avec Lui ; c’est pourquoi l’acte Lui sied, tandis qu’il devient blâmable chez la créature, faute pour celle-ci de posséder pareille sagesse.
De même, il convient à Lui — Très-Haut — de se louer et de s’exalter Lui-même (4), alors même qu’il serait répréhensible