Ainsi, le verset invalide la position des deux groupes :
– ceux qui prétendent que, avant l’envoi d’un messager, leurs actes ne sont pas blâmables en eux-mêmes, mais qu’ils ne le deviennent qu’après l’interdiction explicite ;
– et ceux qui soutiennent qu’ils sont blâmables et que, par la seule raison, leurs auteurs méritent d’être châtiés sans révélation.
Le verset réfute donc ces deux avis et démontre la validité de la voie médiane que nous avons choisie et défendue : ces actes sont intrinsèquement blâmables, mais leurs auteurs ne deviennent passibles de châtiment qu’après l’établissement de la preuve par l’envoi du messager. Il n’existe donc pas de liaison nécessaire (1) entre la reconnaissance rationnelle du bon et du mauvais et le mérite de la récompense ou du châtiment (2). Les textes n’ont établi que le rattachement effectif de la récompense et du châtiment à la révélation et leur dépendance à celle-ci ; ils n’impliquent pas que le jugement d’un acte comme bon ou mauvais, sous tous ses aspects, dépende également de la révélation. Ces deux questions sont distinctes.
Soixante-troisième argument. – Vous dites : « Comment savoir, par la seule raison, qu’Il – exalté soit-Il – est tenu de louer, de blâmer, de récompenser ou de châtier un acte ? Tout cela relève de l’invisible. Comment connaîtrait-on qu’Il agrée tel auteur et se courrouce contre tel autre, qu’Il récompensera celui-ci et châtiera celui-là, alors qu’aucun informateur véridique ne nous l’a rapporté, qu’aucune preuve rationnelle n’indique ce qui L’agrée ou Le met en colère, qu’aucun messager ne nous a transmis Sa science et Son jugement ? Il ne resterait donc qu’à assimiler Ses actes à ceux de Ses serviteurs, et c’est là une des pires analogies, car « rien ne Lui ressemble ». » (3)