qu’il ne pourra contester notre exposé qu’au moyen de l’une des deux thèses dont nous avons déjà dévoilé les failles et démontré la vanité. Qu’il commence donc par cacher la honte de sa propre doctrine, en réparer les vices, en rassembler les débris, puis qu’il affronte ses contradicteurs avec elle ; car le jugement se fera à la lumière des textes explicites et de la raison saine. Qu’Allah accorde Son secours.
Soixante-deuxième argument. – Vous dites : « L’obligation et l’interdiction sans la Révélation sont impossibles ; si elles existaient, la preuve serait établie sans les messagers, alors qu’Allah n’a établi Sa preuve que par Ses envoyés… » (1).
Nous répondons : nul doute que l’obligation et l’interdiction qui conditionnent directement rétribution et châtiment sont impossibles en l’absence de la Loi, comme vous l’avez expliqué, et que la preuve ne s’est effectivement levée contre les serviteurs que par les messagers. Toutefois, cette forme d’obligation et d’interdiction est plus restreinte que le concept général d’obligation et d’interdiction (2). Or, nier le particulier n’implique pas la négation du général. D’où vient donc que vous rejetiez toute forme d’obligation ou d’interdiction (3) – au sens de l’existence d’une cause motivant récompense ou punition – alors même que son effet peut être suspendu par la présence d’un empêchement ou l’absence d’une condition, comme nous l’avons déjà établi ?
Le Très-Haut a dit : « Si un malheur les frappait, pour prix de ce que leurs mains avaient préparé, ils diraient : “Seigneur ! pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé un messager ? Nous aurions suivi Tes signes et aurions été parmi les croyants.” » (Coran 28 : 47). Ainsi Allah informe que ce qu’ils ont commis de leurs mains est la cause du malheur qui les atteint, et qu’Il a envoyé Son Messager et révélé Son Livre afin qu’ils ne puissent pas dire : « Seigneur ! pourquoi ne nous as-Tu pas envoyé un messager, afin que nous suivions Tes signes ? »