Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni quant à leur forme, ni quant à leur couleur.

Réfléchis donc à ce point, rends justice à la distinction et opère la séparation entre les deux attributions ; de même, en effet, que les qualités de la créature ne sauraient en aucune manière être des attributs d’Allah, bien qu’Il en soit le Créateur, de même les actes de la créature ne sont ni des actes d’Allah ni rapportés à Lui, alors même qu’Il en est le Créateur.

Revenons maintenant au sujet qui nous occupe et disons ceci : le décret qu’Il S’est prescrit à Lui-même mérite, de Sa part, louange et éloge ; Il est trop sublime et trop sanctifié pour y manquer, car y manquer contredirait l’éloge et la louange qui Lui sont dus à ce titre, lesquelles renferment ce qu’Il mérite par Essence (1), indépendamment de tout acte.

De la même manière, ce qu’Il S’est interdit à Lui-même Lui vaut l’éloge et la louange du fait qu’Il s’en abstient ; Il est donc trop élevé et trop sanctifié pour le commettre, car le commettre contredirait l’éloge et la louange qui Lui reviennent pour s’en être abstenu, lesquelles (2) contiennent ce qu’Il mérite par Essence (3).

Grâce à Allah, cela est évident pour quiconque a reçu le savoir et la foi ; c’est une vérité ancrée dans leur nature innée, que les pseudo-raisonnements des négateurs ne sauraient abolir.

Ce point a échappé aux deux écoles, les Qadarites et les Jabrites : ils ont tâtonné à l’aveuglette, pareils à qui va ramasser du bois par une nuit obscure. Quant à Allah, c’est Lui qui accorde le succès et guide vers la droiture (4).

(1) (Q) : « pour ce qu’Il mérite du fait de Sa propre essence ». (2) (T) : « mutadamman ». Le terme doit être à l’accusatif, comme dans le passage précédent, en fonction circonstancielle (ḥal) rattachée à « la louange ». (3) Du segment « bi-qatʿ al-nazar … » jusqu’ici est omis dans le manuscrit Q. (4) Voir : Ibn Taymiyya, Majmūʿ al-Fatāwā, vol. 18, p. 149.
وشكله ولونه ــ ليست كنسبتها إلى خالقها فيه. فتأمَّل هذا الموضع، وأعْطِ الفرقَ حقَّه، وفَرِّق بين النِّسبتَين؛ فكما أن صفات المخلوق ليست صفاتٍ لله بوجهٍ وإن كان هو خالقَها، فكذلك أفعالُه ليست أفعالًا لله تعالى ولا إليه وإن كان هو خالقها. فلنرجِع الآن إلى ما نحنُ بصدده، فنقول: الأمرُ الذي كتَبه على نفسه مستحِقٌّ عليه الحمدَ والثناء، ويتعالى ويتقدَّسُ عن تركه؛ إذ تركُه منافٍ للثَّناء والحمد الذي يستحقُّه عليه، متضمِّنًا لما يستحقُّه من ذلك لذاته (١)، بقَطْع النظر عن كلِّ فعل. وكذلك ما حرَّمه على نفسه هو مستحِقٌّ للحمد والثَّناء على تركه، فهو يتعالى ويتقدَّس عن فعله؛ لأن فعلَه منافٍ لما يستحقُّه من الحمد والثَّناء على تركه، متضمِّنًا (٢) لما يستحقُّه لذاته (٣). وهذا بحمد الله بيِّنٌ عند من أوتي العلمَ والإيمان، وهو مستقرٌّ في فِطرهم، لا ينسخُه منها شبهاتُ المُبْطِلين. وهذا الموضعُ مما خَفِيَ على طائفتي القَدَرِيَّة والجَبْريَّة، فخَبَطُوا في عشواء، وحَطَبُوا في ليلةٍ ظلماء، والله الموفِّق الهادي للصواب (٤).
(١) (ق): «لما يستحقه لذاته». (٢) (ت): «متضمن». والوجه النصب، كالموضع السابق، حالٌ من الحمد. (٣) من قوله: «بقطع النظر ... » إلى هنا ساقط من (ق). (٤) انظر: «مجموع الفتاوى» (١٨/ ١٤٩).

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