et ces finalités louables dépendent de leur création et de leur égarement comme le conditionné dépend de ce qui le conditionne.
Ceci constitue une digression qui ne figurait pas dans notre dessein initial, bien qu’elle soit plus importante que la question même pour laquelle nous avons engagé la discussion.
Le cœur du sujet est la distinction entre, d’une part, Son propre acte : Son amour pour celui-ci implique nécessairement qu’il se réalise de Sa part ; et, d’autre part, l’acte qu’Il crée pour autrui : Son amour n’implique pas que cet acte se produise de la part de Son serviteur.
Une fois cela compris, l’injustice, la mécréance, la turpitude, la désobéissance et toutes les formes de mal se situent dans Ses œuvres créées, extérieures à Lui, œuvres qu’Il ne qualifie pas ; elles ne se trouvent pas dans Ses actes inhérents à Son essence.
Celui à qui cette station se dévoile comprend la parole du Prophète ﷺ : « Et le mal ne T’est pas attribué » (1).
Cette grande distinction dissipe la plupart des ambiguïtés qui ont dérouté bien des intelligences dans ce domaine. Par Sa permission, Allah a guidé ceux qui croient vers la vérité au sujet de laquelle ils divergeaient ; et Allah guide qui Il veut vers un droit chemin.
Ainsi, l’injustice et le mal que l’on rencontre dans les créatures et les œuvres produites par le Très-Haut se rapportent, quant à leur qualification, à l’agent responsable qui les a accomplis ; de même que, pour cet agent, il s’agit d’adultère, de vol, d’agression, de manger, de boire ou de se marier : il est donc l’adultère, le voleur, celui qui mange ou qui se marie, tandis qu’Allah est le Créateur de tout agent et de son acte.
L’attribution de ces actes à leur Créateur n’est pas comparable à leur attribution à l’agent chez qui ils se sont produits, pas plus que l’attribution à Allah des qualités des créatures — leur haute ou petite taille (2), leur beauté ou leur laideur — ne saurait l’être.