Grâce à cette précision, la question se découvre à toi et son aube resplendit.
Il existe en effet une différence entre Son propre acte – glorifié soit-Il – qui est Son œuvre à Lui, et l’acte de Ses serviteurs, qui n’est pour Lui qu’une œuvre créée. Son amour et Son aversion pour le premier entraînent nécessairement qu’il se produise ou qu’il soit empêché, tandis que Son amour et Son aversion pour le second n’impliquent ni sa réalisation ni son absence.
Ainsi, Il aime l’obéissance et la foi de tous Ses serviteurs, sans que cet amour oblige chacun d’eux à Lui obéir et à croire, car Il n’a pas aimé Son acte consistant à les assister, à les guider et à créer en eux cette obéissance et cette foi ; s’Il avait aimé cet acte, leur obéissance et leur foi en auraient été la conséquence inéluctable.
De même, Il déteste leurs désobéissances, leur mécréance et leurs débordements, et pourtant cette aversion n’empêche pas que ces fautes se produisent de leur part ; car Il n’a pas détesté de les délaisser ni de les égarer, en raison des fins aimées qu’Il poursuit à travers cela – fins dont la disparition ferait perdre ce qui Lui est encore plus cher que leur foi et leur obéissance. Comprendre cela dépasse les capacités de la plupart des gens, comme nous l’avons indiqué plus haut dans l’ouvrage (1).
Ainsi, le Seigneur – exalté soit-Il – aime de Ses serviteurs l’obéissance et la foi ; et Il aime également, tant dans leur supplication, leur humilité, leur repentir et leur demande de pardon que dans Son acceptation du repentir, Son pardon, Sa clémence, Son indulgence et Sa bienveillance, ce qui est inséparable de leurs péchés et de leurs fautes – or l’existence du conditionnant sans ce qu’il conditionne est impossible.
Si l’on saisit cela à propos des pécheurs, on le comprend de même pour les mécréants : le fait qu’Il les crée et les égare est indissociable de réalités qu’Allah – exalté soit-Il – aime et qui ne sauraient se concrétiser qu’avec la présence de ce qui les conditionne ; l’existence du conditionnant sans son corollaire étant impossible, ces réalités aimées