Ils dirent : S’il est intelligible, pour le serviteur, qu’il exige quelque chose de lui-même et que son âme le lui réclame (1) – ainsi qu’Allah dit : « Certes, l’âme incite sans cesse au mal » ⦗Yûsuf : 53⦘, et : « Quant à celui qui craint de comparaître devant son Seigneur et retient son âme de la passion » ⦗An-Nâzi‘ât : 40⦘ –, alors même que le serviteur a, au-dessus de lui, un supérieur qui lui ordonne et lui interdit, comment serait-il impossible que le Seigneur – exalté soit-Il, au-dessus duquel il n’y a ni prescripteur ni interdicteur – Se réclame quelque chose à Lui-même : qu’Il Se l’écrive, qu’Il Se l’impose, qu’Il Se l’interdise ? Bien au contraire, cela Lui convient à plus forte raison qu’à la créature ; Il l’a affirmé à Son sujet et Son Messager l’a rapporté de Lui.
Ils ajoutèrent : Le fait qu’Il ait inscrit ce qu’Il S’est prescrit et qu’Il ait rendu obligatoire pour Lui-même implique Sa volonté, Son amour, Son agrément pour cela, et qu’Il ne manquera pas de l’accomplir. De même, lorsqu’Il Se déclare quelque chose interdit, cela signifie Son aversion, Sa réprobation et qu’Il ne le fait pas.
Il ne fait aucun doute que l’amour qu’Il porte à ce qu’Il veut accomplir, de même que Son agrément, entraînent la réalisation de cet acte par Sa volonté et par Son choix ; et que Son aversion et Sa répulsion pour un acte empêchent qu’il se produise (2) de Sa part, bien qu’Il en ait la pleine capacité s’Il le voulait. Voilà qui diffère de ce qu’Il aime ou déteste parmi les actes de Son serviteur : ce sont deux catégories distinctes. Nombreux sont ceux qui, n’ayant pas fait la distinction, les ont réunies sous une même règle ; les questions du décret divin, de la prédestination, des sagesses et des causes en ont dès lors été troublées pour eux.