Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils dirent : S’il est intelligible, pour le serviteur, qu’il exige quelque chose de lui-même et que son âme le lui réclame (1) – ainsi qu’Allah dit : « Certes, l’âme incite sans cesse au mal » ⦗Yûsuf : 53⦘, et : « Quant à celui qui craint de comparaître devant son Seigneur et retient son âme de la passion » ⦗An-Nâzi‘ât : 40⦘ –, alors même que le serviteur a, au-dessus de lui, un supérieur qui lui ordonne et lui interdit, comment serait-il impossible que le Seigneur – exalté soit-Il, au-dessus duquel il n’y a ni prescripteur ni interdicteur – Se réclame quelque chose à Lui-même : qu’Il Se l’écrive, qu’Il Se l’impose, qu’Il Se l’interdise ? Bien au contraire, cela Lui convient à plus forte raison qu’à la créature ; Il l’a affirmé à Son sujet et Son Messager l’a rapporté de Lui.

Ils ajoutèrent : Le fait qu’Il ait inscrit ce qu’Il S’est prescrit et qu’Il ait rendu obligatoire pour Lui-même implique Sa volonté, Son amour, Son agrément pour cela, et qu’Il ne manquera pas de l’accomplir. De même, lorsqu’Il Se déclare quelque chose interdit, cela signifie Son aversion, Sa réprobation et qu’Il ne le fait pas.

Il ne fait aucun doute que l’amour qu’Il porte à ce qu’Il veut accomplir, de même que Son agrément, entraînent la réalisation de cet acte par Sa volonté et par Son choix ; et que Son aversion et Sa répulsion pour un acte empêchent qu’il se produise (2) de Sa part, bien qu’Il en ait la pleine capacité s’Il le voulait. Voilà qui diffère de ce qu’Il aime ou déteste parmi les actes de Son serviteur : ce sont deux catégories distinctes. Nombreux sont ceux qui, n’ayant pas fait la distinction, les ont réunies sous une même règle ; les questions du décret divin, de la prédestination, des sagesses et des causes en ont dès lors été troublées pour eux.

(1) Les manuscrits D et Q portent : « de sorte que sa propre personne la réclame », tandis que le manuscrit T lit : « de sorte qu’il la réclame lui‐même ». La leçon adoptée ici paraît la plus juste, et les versets cités à la suite la corroborent. On retrouve l’expression dans le « Commentaire du ḥadith d’Abû Dharr », inclus dans le Majmûʿ al-Fatâwâ, t. 18, p. 150, qui constitue la source de l’auteur. (2) Le manuscrit Q lit : « il est impossible qu’elle se produise ».
قالوا: وإذا كان معقولًا من العبد أن يكونَ طالبًا من نفسه، وتكون نفسُه طالبةً منه (١)، كقوله تعالى: ﴿إِنَّ النَّفْسَ لَأَمَّارَةٌ بِالسُّوءِ﴾ [يوسف: ٥٣]، وقوله: ﴿وَأَمَّا مَنْ خَافَ مَقَامَ رَبِّهِ وَنَهَى النَّفْسَ عَنِ الْهَوَى﴾ [النازعات: ٤٠]، مع كون العبد له آمرٌ وناهٍ فوقه= فالربُّ تعالى الذي ليس فوقه آمرٌ ولا ناهٍ كيف يمتنعُ منه أن يكونَ طالبًا من نفسه، فيكتبَ على نفسه، ويُحِقَّ على نفسه، ويحرِّم على نفسه؟! بل ذلك أولى وأحرى في حقِّه من تصوُّره في حقِّ العبد، وقد أخبَر به عن نفسه وأخبَر به عنه رسولُه. قالوا: وكتابُه ما كتبه على نفسه وإحقاقُه ما أحقَّه عليها متضمِّنٌ لإرادته ذلك، ومحبته له، ورضاه به، وأنه لا بدَّ أن يفعله. وتحريمُه ما حرَّمه على نفسه متضمِّنٌ لبغضه لذلك، وكراهته له، وأنه لا يفعلُه. ولا ريب أنَّ محبته لما يريدُ أن يفعلَه ورضاه به يُوجِبُ وقوعَه بمشيئته واختياره، وكراهتَه للفعل وبغضه له يمنعُ وقوعَه (٢) منه مع قدرته عليه لو شاءه، وهذا غيرُ ما يحبُّه من فعل عبده ويكرهُه منه، فذاك نوعٌ وهذا نوع، ولمَّا لم يميِّز كثيرٌ من الناس بين النوعين، وأدخلُوهما تحت حكمٍ واحد، اضطربت عليهم مسائلُ القضاء والقَدَر والحِكَم والتعليل.
(١) (د، ق): «فيكون نفسه طالبة منها». وفي (ت) «فيكون بنفسه طالبًا منها». ولعل المثبت هو الصواب، وتدلُّ عليه الآياتُ المذكورة بعده. والعبارة في «شرح حديث أبي ذر» ضمن «مجموع الفتاوى» (١٨/ ١٥٠): «وإذا كان معقولًا في الإنسان أنه يكون آمرًا مأمورًا ... »، وهو مصدر المصنف. (٢) (ق): «يمتنع وقوعه».

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