Il se trouve en outre une autre considération, plus subtile encore : le fait même qu’ils soient Tes serviteurs implique qu’ils doivent T’adorer Toi seul, Te magnifier et Te vénérer, tout comme l’esclave honore son maître et propriétaire, de la main duquel seul il reçoit tout bienfait et qui, seul, peut écarter de lui tout mal. Or, lorsqu’ils ont mécru en Toi de la pire des manières, T’ont associé des partenaires dans le plus grave des polythéismes et T’ont attribué toutes sortes de défauts tels que les cieux en éclateraient, la terre se fendraient et les montagnes s’effondreraient d’effroi, ils se sont rendus, parmi Tes serviteurs, les plus dignes et les plus prioritaires du châtiment. Autrement dit : ce sont Tes serviteurs qui T’ont donné des égaux, T’ont assimilé à d’autres et ont renié Ton droit ; ils sont donc des serviteurs qui méritent le châtiment.
Il est encore une autre nuance, peut-être plus fine que la précédente : « Si Tu les châties, ils sont bel et bien Tes serviteurs », or il sied à un maître bienfaisant et généreux de s’attendrir envers son esclave, de lui témoigner miséricorde et de se montrer plein de sollicitude (1). Ainsi, si Tu châties ceux-ci alors qu’ils sont Tes esclaves, Tu ne le feras qu’en raison de leur culpabilité et de leurs crimes ; autrement, comment un esclave obéissant, soucieux de complaire à son maître, pourrait-il être voué au malheur par celui-ci ?
Médite ces significations et compare-les aux propos de ceux qui disent : « Si Tu les châties, c’est que Tu es le Roi tout-puissant et qu’ils sont les possédés, les créatures assujetties ; Tu n’as fait que disposer de Ton royaume sans qu’aucune cause de châtiment n’existe en eux. » Ces gens-là nient l’existence des causes : à leurs yeux, l’incrédulité et le polythéisme des mécréants ne constituent pas un motif de châtiment ; celui-ci ne dépendrait que de la pure volonté et du simple bon plaisir.
Il en va de même du débat qu’Iyâs eut avec les qadariyya : il voulait seulement montrer que les actes qu’Allah, exalté soit-Il, accomplit dans Son royaume ne sauraient jamais être entachés d’injustice, et c’est là une vérité. Tout ce que le Seigneur a fait et fait encore procède de la justice, de la sagesse, de l’intérêt véritable et de la miséricorde ; il n’y a dans Ses actes ni oppression, ni iniquité, ni absurdité. Voilà une vérité indubitable. Iyâs a ainsi démontré que, glorifié soit-Il