était le plus savant des créatures quant à Allah et à ce qui Lui est dû, le mieux informé de Sa justice, de Sa grâce, de Sa sagesse et de ce qu’Il requiert de Ses serviteurs.
Toutes les œuvres d’obéissance des hommes ne sauraient contrebalancer les bienfaits d’Allah à leur égard, ni même les égaler, pas même les plus infimes ; comment, dès lors, pourraient-ils revendiquer par elles le salut auprès d’Allah ?
L’obéissance du fidèle n’a aucune proportion avec un seul des bienfaits qu’Allah lui accorde ; le reste des grâces continue donc d’exiger de lui gratitude, tandis que le serviteur demeure incapable d’acquitter, même selon sa mesure, ce qu’il doit à Allah.
Ainsi, tous Ses serviteurs demeurent sous le couvert de Son indulgence, de Sa miséricorde et de Sa faveur : nul d’entre eux ne sera sauvé si ce n’est par Son pardon et Son absolution, et nul ne gagnera le Paradis si ce n’est par Sa grâce et Sa miséricorde.
Dans cette condition qui est la leur, s’Il les châtiait, Il les châtierait sans commettre la moindre injustice, non point parce qu’Il est capable de tout sur eux et qu’ils sont Sa propriété, mais parce qu’ils l’auraient mérité ; et s’Il leur faisait miséricorde, ce serait par pure grâce, non en raison de leurs œuvres.
Quant à Sa parole : « car ils sont Tes serviteurs », elle ne signifie nullement qu’Il met en avant Sa puissance souveraine sur eux — quel éloge y aurait-il là ? Si tu disais à quelqu’un : « Si tu punis untel, tu en as le pouvoir », où serait le mérite ?
Au contraire, ces mots renferment l’affirmation d’une justice parfaite : s’Il, exalté soit-Il, venait à les châtier, Il ne châtierait que Ses serviteurs qu’Il a gratifiés, de prime abord, de l’existence, de la création, de la subsistance et de Ses bienfaits, sans qu’ils aient fourni la moindre contrepartie ; Il les a couverts de Ses dons et de Sa générosité. S’Il les châtie ensuite alors qu’ils sont Ses esclaves, Il ne le fera qu’en raison de leur faute, de leur responsabilité et de leur injustice. Comment Celui qui leur a conféré dès l’origine les plus éminents bienfaits pourrait-Il les tourmenter sans qu’ils aient mérité le plus grand des châtiments ?