Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

est pure justice, comme l’a illustré la controverse d’Iyâs avec les qadariyya.

Ces textes et tous ceux qui leur ressemblent sont véridiques ; nous devons les accepter pour ce qu’ils établissent, sans en déformer le sens, car tout provient d’Allah. Mais quel passage y voit-on qui laisserait entendre qu’Il pourrait châtier les obéissants, combler de bienfaits les désobéissants, punir sans faute, priver l’homme de bien de la récompense de sa bonne action, ou quoi que ce soit de comparable ? Bien au contraire, ils concordent tous pour attester la perfection de Sa puissance ainsi que la perfection de Sa justice et de Sa sagesse.

Les textes que nous avons cités prouvent Sa justice absolue, Sa sagesse et Son indépendance ; ils montrent qu’Il place sanction et récompense à leur juste place, sans jamais déroger à la règle qu’Il a établie.

Quant aux textes que vous invoquez, ils proclament la perfection de Sa puissance, Sa souveraineté exclusive en matière de seigneurie et de commandement, et qu’il n’existe au-dessus de Lui ni prescripteur ni censeur pour L’interroger sur Ses actes. S’Il châtiait les habitants de Ses cieux et de Sa terre, ce serait l’exercice de Son droit sur eux : ils mériteraient alors le châtiment, car leurs œuvres ne suffisent pas à les sauver, comme l’a dit le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue : « Aucun d’entre vous ne sera sauvé par son œuvre. » Ils demandèrent : « Pas même toi, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Pas même moi, à moins qu’Allah ne me couvre de Sa miséricorde et de Sa faveur. » (1)

Sa miséricorde envers eux n’est donc pas la contrepartie de leurs actes, ni leur prix ; elle leur est supérieure. Le même hadith ajoute en effet : « Et s’Il leur faisait miséricorde, Sa miséricorde vaudrait mieux pour eux que leurs œuvres. » Ainsi le hadith réunit les deux aspects : s’Il les punit, c’est avec plein droit, sans aucune injustice ; s’Il leur fait miséricorde, c’est par pure grâce et générosité, non à cause de leurs œuvres, car Sa miséricorde est meilleure que leurs œuvres.

Que les prières et la paix d’Allah soient sur Celui dont ces paroles émanèrent en premier lieu de ses lèvres, car il

(1) La référence critique a déjà été donnée p. 20.
عدلٌ، وبمناظرة إياسٍ للقَدَرِيَّة= فهذه النُّصوصُ وأمثالها كلُّها حقٌّ يجبُ القولُ بمُوجَبها، ولا تُحَرَّفُ معانيها، والكلُّ من عند الله، ولكن أيُّ دليلٍ فيها يدلُّ على أنه تعالى يجوزُ عليه أن يعذِّبَ أهلَ طاعته، ويُنَعِّمَ أهلَ معصيته، وأنه يعذِّبُ بغير جُرْم، ويَحْرِمُ المحسِنَ جزاءَ عمله، ونحو ذلك؟! بل كلُّها متفقةٌ متطابقةٌ دالَّةٌ على كمال القدرة، وكمال العدل والحكمة. فالنُّصوصُ التي ذكرناها تقتضي كمالَ عدله وحكمته وغِناه، ووضعَه العقوبةَ والثَّوابَ مواضعَهما وأنه لم يَعْدِلُ بهما عن سَنَنهما. والنُّصوصُ التي ذكرتموها تقتضي كمالَ قدرته وانفرادَه بالرُّبوبيَّة والحُكم، وأنه ليس فوقه آمرٌ ولا ناهٍ يتعقَّبُ أفعالَه بسؤال، وأنه لو عذَّبَ أهلَ سماواته وأرضه لكان ذلك تعذيبًا لحقِّه عليهم، وكانوا إذ ذاك مستحِقِّين للعذاب؛ لأنَّ أعمالهم لا تَفِي بنجاتهم، كما قال النبيُّ ﷺ: «لن يُنْجِي أحدًا منكم عملُه» قالوا: ولا أنت يا رسول الله؟ قال: «ولا أنا، إلا أن يتغمَّدني الله برحمةٍ منه وفضل» (١). فرحمتُه لهم ليست في مقابلة أعمالهم، ولا هي ثمنًا لها، فإنها خيرٌ منها، كما قال في الحديث نفسه: «ولو رَحِمَهم لكانت رحمتُه لهم خيرًا من أعمالهم»؛ أي: فجَمَع بين الأمرين في الحديث: أنه لو عذَّبهم لعذَّبهم باستحقاقهم، فلم يكن ظالمًا لهم، وأنه لو رَحِمَهم لكان ذلك مجرَّدَ فضله وكرمه، لا بأعمالهم، إذ رحمتُه خيرٌ من أعمالهم. فصلواتُ الله وسلامُه على من خَرَجَ هذا الكلامُ أوَّلًا من شفتَيه، فإنه
(١) تقدم تخريجه (ص: ٢٠).

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