Il en va de même de Sa parole : « N’a-t-il donc pas été informé de ce qui se trouve dans les Feuillets de Moïse, et d’Abraham qui s’acquitta parfaitement : qu’aucune âme chargée ne portera le fardeau d’une autre, et que l’homme ne récoltera que ce qu’il aura lui-même entrepris » (An-Najm 36-39). Par là, Allah affirme que nul ne supporte le péché d’autrui, que chacun ne mérite que le fruit de son propre effort, et que telle est la justice dont Il s’est Lui-même déclaré exempt de toute atteinte.
Il dit encore : « Et celui qui avait cru déclara : “Ô mon peuple ! Je crains pour vous un jour semblable au Jour des Coalisés ; semblable au sort du peuple de Noé, de ‘Âd, de Ṯamûd et de ceux qui les suivirent. Allah ne veut aucune injustice pour les serviteurs.” » (Ghâfir 30-31). Il montre ainsi que ce châtiment n’est nullement une injustice de la part d’Allah ; il n’est dû qu’à leurs propres péchés et au fait qu’ils l’ont mérité.
Or il est évident qu’un impossible absolu — ce qui, par nature, ne saurait se réaliser ni relever du pouvoir — ne saurait fonder un éloge : on ne loue pas quelqu’un parce qu’il ne veut pas ou ne fait pas l’impossible. La louange incombe plutôt à celui qui, tout en étant capable d’un acte, s’en abstient par perfection, indépendance et dignité.
C’est dans cette perspective que se comprend (1) Sa parole : « Je Me suis interdit l’injustice » et tous les textes analogues. Prétendre qu’il signifierait : « Je Me suis interdit ce qui n’a aucune réalité ni possibilité — comme créer Mon semblable, rendre l’Éternel éphémère ou l’éphémère éternel, et autres impossibilités ; autrement dit, Je n’ai fait qu’informer que l’impossible ne provient pas de Moi », voilà bien ce que toute personne équitable sait, avec certitude, n’être aucunement le sens voulu. Il faut donc préserver la parole d’Allah et de Son Messager d’une telle interprétation.
Ils dirent : « Quant à votre argumentation fondée sur ces textes qui montrent que, s’Il les châtie, ils sont Ses serviteurs ; qu’Il n’est pas injuste envers eux ; qu’Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait ; que Son décret à leur sujet… »