Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

d’autrui, ne le châtie pas pour ce que ses mains n’ont pas acquis et pour ce à quoi il n’a jamais pris part, et Il ne retranche rien de ses bonnes actions ; de sorte qu’il ne sera pas rétribué pour elles (1) – ni même pour une partie d’entre elles – si elles se trouvent entachées, dès l’origine ou ultérieurement, par quelque chose qui les rend nulles ou si les victimes lésées doivent y puiser réparation (2).

Telle est l’injustice dont Allah, exalté soit-Il, a ôté toute crainte à Son serviteur lorsqu’Il dit : « Quiconque accomplit des œuvres pies, homme ou femme, tout en étant croyant, n’aura à redouter ni injustice ni diminution » (Tâ Hâ 112). Les Pieux Prédécesseurs et les exégètes expliquent : il ne craindra pas qu’on lui fasse porter les péchés d’autrui, ni qu’on ampute de ses bonnes actions quoi que ce soit (3).

Voilà ce que la raison saisit de l’injustice et de l’absence de frayeur qu’elle entraîne. Quant à vouloir conjuguer deux contraires, à changer l’éternel en créé et le créé en éternel, pareille idée est si absurde que le simple discours d’un homme doué de raison s’abstiendrait de la qualifier d’« injustice » ou d’en nier la crainte ; que dire alors de la Parole du Seigneur des mondes !

Il en est de même pour cette déclaration divine : « Nous ne les avons point lésés, mais ce sont eux qui étaient les injustes » (Az-Zukhruf 76). Allah nie que le fait de les châtier relève de l’injustice, puis Il affirme que c’est eux qui furent injustes par leur mécréance. Si l’injustice ainsi récusée n’était qu’une impossibilité logique, il n’aurait pas été pertinent de juxtaposer « Nous ne les avons point lésés » à « mais ils étaient eux-mêmes les injustes » ; l’énoncé eût plutôt dit : « Nous ne les avons point lésés, mais Nous avons librement disposé de Notre royaume et de Nos serviteurs. » Le fait qu’Il Se déclare exempt de toute injustice et l’impute à eux seuls montre donc que l’injustice niée consiste à les punir sans faute de leur part, alors qu’en réalité Il ne les a châtiés qu’à cause de leur propre offense et de leur propre injustice. Le verset ne saurait recevoir un autre sens, et il n’est pas permis de tordre la Parole d’Allah pour défendre des doctrines partisanes.

(1) (T) : « et il n’en sera pas rétribué ». (2) Voir : Ibn Taymiyya, Majmuʿ al-Fatâwâ, vol. 18, p. 146. (3) Voir : al-Tabari, Tafsîr, vol. 18, p. 379.
غيره، ولا يعذَّبُ بما لم تكسِب يداه ولم يكن سعى فيه، ولا يُنْقَصُ من حسناته، فلا يجازى بها (١) أو ببعضها إذا قارنها أو طرأ عليها ما يقتضي إبطالَها أو اقتصاصَ المظلومين منها (٢). وهذا الظُّلمُ الذي نفى اللهُ تعالى خوفَه عن العبد بقوله: ﴿وَمَنْ يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحَاتِ وَهُوَ مُؤْمِنٌ فَلَا يَخَافُ ظُلْمًا وَلَا هَضْمًا﴾ [طه: ١١٢]، قال السَّلفُ والمفسِّرون: لا يخافُ أن يُحْمَل عليه من سيِّئات غيره، ولا يُنْقَصَ من حسناته ما يتحمَّل (٣). فهذا هو المعقولُ من الظُّلم ومِنْ عَدَم خوفِه، وأمَّا الجمعُ بين النَّقيضين وقَلبُ القديم مُحْدَثًا والمُحدَث قديمًا؛ فممَّا يتنزَّه كلامُ آحاد العقلاء عن تسميته ظُلمًا، وعن نفي خوفِه عن العبد، فكيف بكلام ربِّ العالمين؟! وكذلك قوله: ﴿وَمَا ظَلَمْنَاهُمْ وَلَكِنْ كَانُوا هُمُ الظَّالِمِينَ﴾ [الزخرف: ٧٦]، فنفى أن يكون تعذيبُه لهم ظلمًا، ثمَّ أخبَر أنهم هم الظَّالمون بكفرِهم، ولو كان الظُّلمُ المنفيُّ هو المحالَ لم يحسُن مقابلةُ قوله: ﴿وَمَا ظَلَمْنَاهُمْ﴾ بقوله: ﴿وَلَكِنْ كَانُوا هُمُ الظَّالِمِينَ﴾، بل يقتضي الكلامُ أن يقال: «وما ظلمناهم ولكن تصرَّفنا في مُلكِنا وعبيدنا». فلمَّا نفى الظُّلمَ عن نفسه وأثبته لهم دلَّ على أنَّ الظُّلمَ المنفيَّ هو أن يعذِّبهم بغير جُرْم، وأنه إنما عذَّبهم بجُرْمِهم وظُلمِهم ولا تحتملُ الآيةُ غيرَ هذا، ولا يجوزُ تحريفُ كلام الله لنصرة المقالات.
(١) (ت): «ولا يجازى بها». (٢) انظر: «مجموع الفتاوى» (١٨/ ١٤٦). (٣) انظر: «تفسير الطبري» (١٨/ ٣٧٩).

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