Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qu’Il le fasse ou qu’Il ne le fasse pas (1).

Cette thèse a été relayée par certains groupes de savants (2) : ils ont interprété le hadith dans ce sens, l’ont attribuée à l’autorité prophétique et l’ont étayée au moyen de versets et de traditions qu’ils prétendaient décisifs :
– ainsi de la parole divine : « Si Tu les punis, ils sont bien Tes serviteurs » (La Table servie, 5 : 118), c’est-à-dire : Tu n’interviens pas dans un domaine qui ne T’appartient pas ; si Tu les châties, Tu châties ceux dont Tu es le Maître ;
– sur cette base, ils ont jugé possible le châtiment de n’importe lequel de Ses serviteurs, même bienfaisant, sans y voir la moindre injustice ;
– la parole du Très-Haut : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait, tandis qu’eux seront interrogés » (Les Prophètes, 21 : 23) ;
– la parole du Prophète ﷺ : « Si Allah punissait les habitants de Ses cieux et les habitants de Sa terre, Il les punirait sans leur être injuste » (3) ;
– la parole du Prophète ﷺ dans la supplication contre l’angoisse et la tristesse : « Ô Allah, je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur ; Ton jugement s’applique à moi, Ton décret à mon égard est équitable » (4) ;
– et le propos rapporté d’Iyâs ibn Mu‘âwiya : « Je n’ai débattu de toute ma raison avec personne si ce n’est avec les qadariyya. Je leur ai demandé : Qu’est-ce que l’injustice ? — C’est, dirent-ils, de prendre ce qui ne t’appartient pas ou de disposer de ce que… »

(1) Tel est l’avis des Jahmiyya, des Ashʿarîs et de ceux qui les suivent. Cf. al-Âmidî, Ghayat al-marâm, p. 245 et son commentaire ; Jâmiʿ ar-rasâʾil, t. 1, p. 122. (2) Opinion soutenue par les partisans de l’affirmation (ahl al-ithbât) issus des écoles de Mâlik, al-Shâfiʿî et Aḥmad, ainsi que par plusieurs commentateurs du hadith. Cf. Majmûʿ al-fatâwâ, t. 18, p. 139 ; Minhâj as-sunna, t. 2, p. 304. (3) Voir l’authentification de la chaîne (p. 21). (4) Voir l’authentification de la chaîne (p. 817).
فعَله أو لم يفعله (١). وتلقَّى هذا القولَ عنهم طوائفُ من أهل العلم (٢)، وفسَّروا الحديثَ به وأسنَدوا ذلك وقوَّوهُ بآياتٍ وآثارٍ زعموا أنها تدلُّ عليه: كقوله: ﴿إِنْ تُعَذِّبْهُمْ فَإِنَّهُمْ عِبَادُكَ﴾ [المائدة: ١١٨]، يعني لم تتصرَّف في غير مُلكِك، بل إن عذَّبتَ عذَّبتَ من تملِك. وعلى هذا، فجوَّزوا تعذيبَ كلِّ عبد له ولو كان محسِنًا، ولم يرَوا ذلكَ ظلمًا. وبقوله تعالى: ﴿لَا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلُونَ﴾ [الأنبياء: ٢٣]. وبقول النبيِّ ﷺ: «إنَّ الله لو عذَّبَ أهلَ سماواته وأهلَ أرضه لعذَّبهم وهو غيرُ ظالمٍ لهم» (٣). وبقوله ﷺ في دعاء الهمِّ والحزن: «اللهمَّ إني عبدُك وابنُ عبدك، ماضٍ فيَّ حُكمُك، عَدلٌ فيَّ قضاؤك» (٤). وبما رُوِي عن إياس بن معاوية قال: ما ناظرتُ بعقلي كلِّه أحدًا إلا القَدَريَّة، قلتُ لهم: ما الظُّلم؟ قالوا: أن تأخذَ ما ليس لك، أو أن تتصرَّف فيما
(١) وهذا قول الجهمية والأشاعرة ومن وافقهم. انظر «غاية المرام» للآمدي (٢٤٥) وحاشيته، و «جامع الرسائل» (١/ ١٢٢). (٢) من أهل الإثبات، من أصحاب مالك والشافعي وأحمد ومن شرَّاح الحديث. انظر: «مجموع الفتاوى» (١٨/ ١٣٩)، و «منهاج السنة» (٢/ ٣٠٤). (٣) تقدم تخريجه (ص: ٢١). (٤) تقدم تخريجه (ص: ٨١٧).

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