qu’Il le fasse ou qu’Il ne le fasse pas (1).
Cette thèse a été relayée par certains groupes de savants (2) : ils ont interprété le hadith dans ce sens, l’ont attribuée à l’autorité prophétique et l’ont étayée au moyen de versets et de traditions qu’ils prétendaient décisifs :
– ainsi de la parole divine : « Si Tu les punis, ils sont bien Tes serviteurs » (La Table servie, 5 : 118), c’est-à-dire : Tu n’interviens pas dans un domaine qui ne T’appartient pas ; si Tu les châties, Tu châties ceux dont Tu es le Maître ;
– sur cette base, ils ont jugé possible le châtiment de n’importe lequel de Ses serviteurs, même bienfaisant, sans y voir la moindre injustice ;
– la parole du Très-Haut : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait, tandis qu’eux seront interrogés » (Les Prophètes, 21 : 23) ;
– la parole du Prophète ﷺ : « Si Allah punissait les habitants de Ses cieux et les habitants de Sa terre, Il les punirait sans leur être injuste » (3) ;
– la parole du Prophète ﷺ dans la supplication contre l’angoisse et la tristesse : « Ô Allah, je suis Ton serviteur, fils de Ton serviteur ; Ton jugement s’applique à moi, Ton décret à mon égard est équitable » (4) ;
– et le propos rapporté d’Iyâs ibn Mu‘âwiya : « Je n’ai débattu de toute ma raison avec personne si ce n’est avec les qadariyya. Je leur ai demandé : Qu’est-ce que l’injustice ? — C’est, dirent-ils, de prendre ce qui ne t’appartient pas ou de disposer de ce que… »