de la perfection, et ils L’ont déclaré, pour ce qui est de ces attributs, exempt de toute ressemblance et de toute comparaison ; ils Lui ont donc reconnu le Modèle suprême sans Lui forger d’analogies. De ce fait, ils furent la communauté la plus comblée dans la connaissance d’Allah, la plus digne de croire en Lui, de bénéficier de Son alliance et de L’aimer ; telle est la grâce d’Allah, qu’Il accorde à qui Il veut.
Puis les partisans de cette interprétation se sont trouvés contraints d’accepter au sujet d’Allah des conséquences fallacieuses qu’ils ne pouvaient assumer :
Ils ont déclaré, selon cette exégèse erronée (1), que si Allah — exalté soit-Il — ordonne à un serviteur sans l’assister de toute Sa puissance, par tous les moyens d’aide possibles, Il devient alors injuste envers lui.
De là, ils ont conclu qu’Il n’a pas le pouvoir de guider un égaré, pas plus, selon eux, qu’Il n’a celui d’égarer un bien-guidé.
Ils ont ajouté que, s’Il enjoint la même chose à deux individus et réserve Son assistance à l’un d’eux pour accomplir l’ordre, Il serait injuste.
Ils ont encore affirmé que, si deux personnes commettent un même péché méritant le châtiment, et qu’Il punisse l’une tandis qu’Il pardonne à l’autre, Il serait injuste.
Et ainsi de suite, parmi d’autres implications fallacieuses, puisqu’ils considèrent que le fait de ne pas distribuer également Sa faveur et Sa bienfaisance entre Ses serviteurs est une injustice.
Les tenants de la seconde interprétation les ont donc réfutés en disant : l’injustice dont Allah est exempt appartient aux impossibilités intrinsèques ; il est dès lors inconcevable qu’elle fasse partie du domaine du possible, ou qu’Allah l’ait simplement délaissée de Son plein gré. Ce serait comparable à vouloir réunir deux contraires, placer un même corps en deux lieux, transformer l’Être éternel en contingent et le contingent en éternel, et autres absurdités du même genre. En dehors de ces impossibilités, tout ce que l’esprit peut concevoir, dont l’existence est possible et sur quoi le Seigneur a pleine puissance, ne constitue pas une injustice, que ce soit