Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

par la bouche de Son Messager : « Ô Mes serviteurs, Je Me suis interdit l’injustice » (1). Il a dit également : « Ton Seigneur n’opprime personne » (Al-Kahf 18 : 49) ; et encore : « Ton Seigneur n’est nullement injuste envers les serviteurs » (Fussilat 41 : 46) ; Il dit aussi : « Ils ne seront lésés, fût-ce du fil contenu dans le sillon d’un noyau » (An-Nisâ’ 4 : 49) ; et : « Allah ne veut aucune injustice pour les serviteurs » (Ghâfir 40 : 31). Ainsi Il s’est déclaré avoir interdit l’injustice à Son propre sujet et Il a nié, pour Lui-même, aussi bien l’acte que la volonté d’injustice.

Les gens ont, au sujet de cette injustice, donné trois explications (2), conformément à leurs principes et à leurs règles.

  1. La première veut que l’injustice qu’Il s’est interdite et dont Il s’est proclamé exempt — dans l’action comme dans l’intention — soit similaire à l’injustice que les humains se font mutuellement (3). Ils L’ont assimilé, quant à Ses actes — qu’ils jugent beaux ou laids — à Ses serviteurs, Lui forgeant de leur propre chef des analogies et devenant, ce faisant, des anthropomorphistes qui Le comparent à la créature dans Ses œuvres.

Ils se sont donc abstenus d’accorder à Allah le Modèle suprême qu’Il S’est attribué, puis Lui ont pourtant fabriqué des comparaisons, L’assimilant dans Ses actes à Sa création ; tout comme les jahmites négateurs ont refusé d’affirmer pour Lui ce Modèle suprême, avant de Lui inventer des analogies en ramenant Ses attributs aux corps inertes, et même au néant.

Quant aux gens de la sunna, ils L’ont déclaré exempt de l’un comme de l’autre et ont affirmé pour Lui les attributs qu’Il S’est affirmés Lui-même,

(1) Rapporté par Muslim, nº 2577, d’après le hadith d’Abu Dharr. (2) Voir : Ibn Taymiyya, « Explication du hadith d’Abu Dharr », dans Majmuʿ al-Fatâwâ, 18/137 ; idem, Jâmiʿ ar-Rasâʾil, 1/121 ; idem, Minhâj as-Sunna, 1/134, 2/304, 3/20, 5/96. (3) Tel est l’avis des Muʿtazilites. Cf. : Al-Qâdî ʿAbd al-Jabbâr, Al-Mughnî, 6/127, et Sharḥ al-Uṣûl al-Khamsa, p. 345.
على لسان رسوله: «يا عبادي، إني حرَّمتُ الظُّلمَ على نفسي» (١)، وقال: ﴿وَلَا يَظْلِمُ رَبُّكَ أَحَدًا﴾ [الكهف: ٤٩]، وقال: ﴿وَمَا رَبُّكَ بِظَلَّامٍ لِلْعَبِيدِ﴾ [فصِّلت: ٤٦]، وقال: ﴿وَلَا يُظْلَمُونَ فَتِيلًا﴾ [النساء: ٤٩]، وقال: ﴿وَمَا اللَّهُ يُرِيدُ ظُلْمًا لِلْعِبَادِ﴾ [غافر: ٣١]؛ فأخبَر عن تحريمه على نفسه، ونفى عن نفسه فِعلَه وإرادتَه. وللنَّاس في تفسير هذا الظُّلم ثلاثةُ أقوال (٢)، بحسب أصولهم وقواعدهم: أحدها: أنَّ الظُّلمَ الذي حرَّمه وتنزَّه عن فعله وإرادته هو نظيرُ الظُّلم من الآدميِّين بعضِهم لبعض (٣)، وشبَّهوه في الأفعال ــ ما يحسُن منها وما لا يحسُن ــ بعباده، فضربوا له مِنْ قِبَل أنفسِهم الأمثال، وصاروا بذلك مشبِّهةً ممثِّلةً في الأفعال. فامتنعوا من إثبات المثَل الأعلى الذي أثبته لنفسه، ثمَّ ضربوا له الأمثال ومثَّلوه في أفعاله بخلقه، كما أنَّ الجهميَّة المعَطِّلة امتنعت من إثبات المثَل الأعلى الذي أثبته لنفسه، ثمَّ ضربوا له الأمثالَ ومثَّلوه في صفاته بالجمادات النَّاقصة، بل بالمعدومات. وأهلُ السنَّة نزَّهوه عن هذا وهذا، وأثبتوا له ما أثبته لنفسه من صفات
(١) أخرجه مسلم (٢٥٧٧) من حديث أبي ذر. (٢) انظر: «شرح حديث أبي ذر» ضمن «مجموع الفتاوى» (١٨/ ١٣٧)، و «جامع الرسائل» (١/ ١٢١)، و «منهاج السنة» (١/ ١٣٤، ٢/ ٣٠٤، ٣/ ٢٠، ٥/ ٩٦). (٣) وهذا قول المعتزلة. انظر: «المغني» للقاضي عبد الجبار (٦/ ١٢٧)، و «شرح الأصول الخمسة» (٣٤٥).

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