Ces derniers ramènent donc l’obligation et l’interdiction mentionnées par les textes à la seule véracité de Celui qui informe : tout ce qu’Il déclare devoir se produire est, par là même, nécessaire, parce que Sa parole est vraie ; et tout ce qu’Il affirme ne pas se produire est, pour la même raison, impossible. L’obligation et l’interdiction se réduisent dès lors, à leurs yeux, à la conformité (1) de la connaissance avec son objet et du fait relaté avec la parole qui l’annonce.
Ils vont même jusqu’à expliquer l’interdiction par l’impossibilité rationnelle : ainsi de l’interdiction, pour Lui, de commettre l’injustice. Ils identifient en effet l’injustice à ce qui est impossible par essence, comme l’union de deux contraires. À leurs yeux, il n’existe donc, dans le domaine du possible, aucun acte qui constituerait une injustice dont Allah Se garderait tout en étant capable de l’accomplir, puisque Sa suffisance, Sa sagesse et Sa justice l’en préservent.
Telle est la position de ce groupe.
Le troisième groupe occupe une voie médiane entre ces deux extrêmes.
Le premier groupe a imposé à Allah, par le seul raisonnement, une « loi » ; il Lui a interdit et rendu obligatoire des choses qu’Il ne S’était ni interdites ni prescrites Lui-même.
Le deuxième groupe, à l’inverse, a jugé possible ce dont le Seigneur est infiniment au-dessus, car cela contredit Sa sagesse, Sa louange et Sa perfection.
Quant au groupe médian, il affirme pour Allah ce qu’Il S’est affirmé à Lui-même en matière d’obligation et d’interdiction : des obligations et des interdictions qui découlent de Ses noms et de Ses attributs, et dont l’opposé ne saurait Lui être attribué, parce que cela relève de Sa perfection, de Sa sagesse et de Sa justice. Il ne L’a donc pas placé sous une loi forgée par la raison, comme l’a fait le premier groupe, et il ne Lui a pas attribué ce dont Il S’est Lui-même proclamé exempt, comme l’a fait le second.
Le groupe médian déclare : « Le Très-Haut a bien informé qu’Il S’est interdit l’injustice, ainsi qu’Il le dit… »