le châtiment qui survient après l’obligation révélée relève, disent-ils, d’une catégorie tout à fait distincte du châtiment lié à l’obligation rationnelle. C’est de cette manière qu’ils répondent aux textes niant tout châtiment avant la mission prophétique.
Quant à l’obligation et à l’interdiction rationnelles en l’absence même de la révélation, ils les énoncent clairement et les expliquent par la nécessité qu’impose Sa sagesse : ce qu’elle rend obligatoire ou interdit, il Lui est impossible d’y contrevenir, tout comme Il est impossible qu’Il ait besoin de quoi que ce soit, qu’Il dorme, se lasse ou s’épuise.
Telle est, selon eux, la signification du devoir et de l’impossible à l’égard d’Allah : un devoir qu’exigent Son essence, Sa sagesse et Son autosuffisance, et une impossibilité de se qualifier par ce qui contredirait Sa perfection et Son indépendance absolue.
Ils ajoutent : « Notre propos sur les actes correspond à ce que vous (1) avancez au sujet des attributs lorsque vous dites : “Il Lui est nécessaire de posséder tel attribut et impossible d’être caractérisé par tel autre.” Ce que nous disons pour les actes est donc l’exact pendant de ce que vous dites pour les attributs : ce qui Lui est nécessaire et ce qui Lui est impossible. De même que, pour vous, cette nécessité et cette impossibilité sont intrinsèques et qu’il est inconcevable qu’Il y déroge, ainsi ce que requiert Sa sagesse et ce qu’elle repousse constituent, pour nous, une nécessité et une impossibilité intrinsèques qu’Il ne saurait transgresser, quand bien même cela relèverait de Son pouvoir ; mais Il n’y contrevient pas, en raison de la perfection de Sa sagesse, de Sa science et de Son indépendance. »
La deuxième école rejette catégoriquement cette position, la tient pour absurde (2) et déclare possible, pour le Seigneur — exalté soit-Il —, toute chose concevable. Elle réserve l’impossibilité, dans Ses actes, aux seuls cas réellement impossibles, tels que l’union de deux contraires et semblables impossibilités (3).
Ainsi, elle s’est dressée contre les muʿtazilites par l’opposition la plus vive ; l’une et l’autre ont fini par occuper les deux extrêmes, l’une dans l’excès, l’autre dans la négligence.