Il est plus pertinent encore de dire que la particule bi qui établit l’entrée n’est pas celle avec laquelle l’entrée est niée. Celle qui l’établit est le bi de causalité : il indique que les œuvres constituent une cause permettant l’entrée, comme toute cause produit son effet (1). En revanche, le bi qui nie l’entrée est le bi de compensation ou d’équivalence, tel qu’on le trouve dans la formule : « J’ai acheté ceci pour cela » (2).
Le Prophète ﷺ a donc enseigné que l’accès au Paradis ne se fait pas à titre de contrepartie pour les œuvres. Si Allah — exalté soit-Il — ne comblait pas Son serviteur de Sa miséricorde, Il ne le ferait pas entrer au Paradis. Aussi parfaites soient-elles, les œuvres de l’homme ne suffisent pas, prises isolément, à rendre obligatoire l’entrée au Paradis, ni à en constituer la juste rétribution. Même accomplies conformément à ce qu’Allah aime et agrée, elles ne sauraient contrebalancer le bienfait qu’Il lui a accordé en ce monde, encore moins l’égaler. Si Allah le jugeait avec rigueur, toutes ses œuvres réunies ne compenseraient qu’une part infime de Ses bienfaits, tandis que le reste demeurerait en droit d’exiger gratitude. S’Il le châtiait dans cet état, Il ne lui ferait aucune injustice ; et s’Il lui faisait miséricorde, Sa miséricorde vaudrait pour lui infiniment mieux que ses œuvres. C’est ce que rapporte le hadith consigné dans les Sunan, transmis par Zayd ibn Thâbit, Hudhayfa ibn al-Yamân et d’autres, remontant au Prophète ﷺ : « Si Allah punissait les habitants de Ses cieux et de Sa terre, Il les châtierait sans leur faire tort ; et s’Il leur faisait miséricorde, Sa miséricorde serait pour eux meilleure que leurs œuvres. » (3).