Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il est plus pertinent encore de dire que la particule bi qui établit l’entrée n’est pas celle avec laquelle l’entrée est niée. Celle qui l’établit est le bi de causalité : il indique que les œuvres constituent une cause permettant l’entrée, comme toute cause produit son effet (1). En revanche, le bi qui nie l’entrée est le bi de compensation ou d’équivalence, tel qu’on le trouve dans la formule : « J’ai acheté ceci pour cela » (2).

Le Prophète ﷺ a donc enseigné que l’accès au Paradis ne se fait pas à titre de contrepartie pour les œuvres. Si Allah — exalté soit-Il — ne comblait pas Son serviteur de Sa miséricorde, Il ne le ferait pas entrer au Paradis. Aussi parfaites soient-elles, les œuvres de l’homme ne suffisent pas, prises isolément, à rendre obligatoire l’entrée au Paradis, ni à en constituer la juste rétribution. Même accomplies conformément à ce qu’Allah aime et agrée, elles ne sauraient contrebalancer le bienfait qu’Il lui a accordé en ce monde, encore moins l’égaler. Si Allah le jugeait avec rigueur, toutes ses œuvres réunies ne compenseraient qu’une part infime de Ses bienfaits, tandis que le reste demeurerait en droit d’exiger gratitude. S’Il le châtiait dans cet état, Il ne lui ferait aucune injustice ; et s’Il lui faisait miséricorde, Sa miséricorde vaudrait pour lui infiniment mieux que ses œuvres. C’est ce que rapporte le hadith consigné dans les Sunan, transmis par Zayd ibn Thâbit, Hudhayfa ibn al-Yamân et d’autres, remontant au Prophète ﷺ : « Si Allah punissait les habitants de Ses cieux et de Sa terre, Il les châtierait sans leur faire tort ; et s’Il leur faisait miséricorde, Sa miséricorde serait pour eux meilleure que leurs œuvres. » (3).

(1) (T) : « toutes les causes qui y conduisent ». (2) Voir le développement de cette idée dans : Jâmiʿ al-Rasâʾil, 1/143 ; Majmûʿ al-Fatâwâ, 1/217 et 8/70 ; Madârij al-Sâlikîn, 1/106 ; Hâdî al-Arwâḥ, p. 177 ; al-Kâfiya al-Shâfiya, v. 1034, ainsi que plus loin dans le présent ouvrage, p. 1091. (3) Ḥadith rapporté par Abû Dâwûd (4699), Ibn Mâjah (77), Aḥmad (5/185, 189) et d’autres. Déclaré authentique par Ibn Ḥibbân (727) et par l’auteur dans Shifâʾ al-ʿAlîl, p. 113. Ibn Rajab écrit dans Jâmiʿ al-ʿUlûm wa-l-Ḥikam, p. 422 : « Ce ḥadith prête à discussion ; Wahb b. Khâlid n’est pas particulièrement renommé pour sa science, et l’on peut l’interpréter ainsi : s’Il avait voulu les châtier, Il leur aurait prédéterminé ce sur quoi Il les châtierait, de sorte qu’en cela Il ne serait pas injuste envers eux. » Cette remarque d’Ibn Rajab appelle toutefois réserve : malgré sa fiabilité, Wahb b. Khâlid n’est pas l’unique transmetteur du ḥadith, puisqu’on le trouve chez al-Firyâbî dans al-Qadar (190-191) — d’où al-Âjurî dans al-Sharîʿa (373, 424) — et chez Ibn Baṭṭa dans al-Ibâna (1588, section al-Qadar) par une autre chaîne acceptable. De plus, l’explication proposée n’est guère convaincante. Pour une analyse approfondie du ḥadith et des erreurs de compréhension commises par divers groupes, voir : Shifâʾ al-ʿAlîl, p. 343 ; Ṭarîq al-Hijratayn, p. 621 ; ʿUddat al-Ṣâbirîn, p. 266, ainsi que ce qui viendra plus loin dans le présent ouvrage, p. 1132.
وأحسنُ من هذا أن يقال: الباءُ المقتضيةُ للدخول غيرُ الباء التي نُفِيَ معها الدخول؛ فالمقتضيةُ هي باءُ السببية الدالَّة على أن الأعمال سببٌ للدخول مقتضيةٌ له كاقتضاء سائر الأسباب لمُسَبَّباتها (١)، والباءُ التي نُفِيَ بها الدخولُ هي باءُ المُعاوَضة والمقابلة التي في نحو قولهم: اشتريتُ هذا بهذا (٢). فأخبَر النبي ﷺ أنَّ دخولَ الجنة ليس في مقابل عمل أحد، وأنه لولا تغمُّد الله سبحانه لعبده برحمته لما أدخله الجنة، فليس عملُ العبد ــ وإن تناهى ــ مُوجِبًا بمجرَّده لدخول الجنة، ولا عِوَضًا لها، فإنَّ أعماله وإن وقعت منه على الوجه الذي يحبُّه الله ويرضاه فهي لا تقاوِمُ نعمةَ الله التي أنعَم بها عليه في دار الدنيا، ولا تُعادِلها، بل لو حاسَبه لوقعَت أعمالُه كلُّها في مقابلة اليسير من نِعَمه، وتبقى بقيةُ النعم مقتضيةً لشكرها، فلو عذَّبه في هذه الحالة لعذَّبه وهو غيرُ ظالمٍ له، ولو رحمَه لكانت رحمتُه خيرًا له من عمله؛ كما في "السنن" من حديث زيد بن ثابت وحذيفة بن اليمان وغيرهما مرفوعًا إلى النبي ﷺ أنه قال: "إنَّ الله لو عذَّب أهلَ سماواته وأهلَ أرضه لعذَّبهم وهو غيرُ ظالمٍ لهم، ولو رحمَهم لكانت رحمتُه خيرًا لهم من أعمالهم" (٣).
(١) (ت): "سائر الأسباب المسبب إليها". (٢) انظر تقرير هذا المعنى في "جامع الرسائل" (١/ ١٤٣)، و"مجموع الفتاوى" (١/ ٢١٧، ٨/ ٧٠)، و"مدارج السالكين" (١/ ١٠٦)، و"حادي الأرواح" (١٧٧)، و"الكافية الشافية" (١٠٣٤)، وما سيأتي من الكتاب (ص:١٠٩١). (٣) أخرجه أبو داود (٤٦٩٩)، وابن ماجه (٧٧)، وأحمد (٥/ ١٨٥، ١٨٩)، وغيرهم. وصححه ابن حبان (٧٢٧)، والمصنف في "شفاء العليل" (١١٣). وقال الحافظ ابن رجب في "جامع العلوم والحكم" (٤٢٢): "وفي هذا الحديث نظر؛ ووهب بن خالد ليس بذاك المشهور بالعلم، وقد يحمل على أنه لو أراد تعذيبهم لقدَّر لهم ما يعذِّبهم عليه، فيكون غير ظالمٍ لهم حينئذ". وفيما قال ابن رجب ﵀ نظر؛ فإنَّ وهب بن خالد - على ثقته - لم ينفرد بالحديث، فقد أخرجه الفريابي في "القدر" (١٩٠، ١٩١) - ومن طريقه الآجري في "الشريعة" (٣٧٣، ٤٢٤) -، وابن بطة في "الإبانة" (١٥٨٨ - القدر) من وجهٍ آخر لا بأس به. ثم إنَّ ما ذكره من التوجيه ليس بجيد. وانظر لتحقيق معنى الحديث، وغلط الطوائف في فهمه: "شفاء العليل" (٣٤٣)، و"طريق الهجرتين" (٦٢١)، و"عدة الصابرين" (٢٦٦)، وما سيأتي من الكتاب (ص: ١١٣٢).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies