le préjudice de la ressemblance, au point que celui-ci s’efface devant l’obligation ; c’est pourquoi on n’en interdit pas l’accomplissement. Il en va autrement des prières surérogatoires : comme on peut parfaitement les faire en dehors de ces plages horaires, leur intérêt n’est pas perdu ; les accomplir pendant le temps prohibé ferait donc prévaloir un préjudice plus lourd.
C’est à partir de ce même principe que nombre de juristes ont autorisé, durant ces heures interdites, les prières motivées par une cause précise (par exemple la prière de salutation de la mosquée) ; leur bénéfice l’emporte, car elles ne peuvent être rattrapées ni remplacées, et le tort qu’entraînerait leur omission est plus grave que le tort de la ressemblance évoqué plus haut.
Ce n’est pas ici le lieu d’examiner cette question en détail (1).
Qu’est-ce donc qui empêcherait qu’un seul mouvement contienne plusieurs qualités de cette nature, dont certaines priment sur d’autres, et que l’on statue alors, raison et Loi concordant, en faveur de la qualité prépondérante ?
Tel est, à ce modèle, l’ensemble presque entier des questions de la sharîʿa ; n’était la crainte de nous étendre, nous aurions réuni jusqu’à mille exemples, car le savant saisit les cas particuliers à la lumière du principe général.
Soixantième point : vous dites : « Lorsque nous affirmons que l’intellect l’a déduite, nous ne voulons pas dire qu’elle se trouvait déjà dans la chose et que l’intellect l’en a simplement extraite ; l’intellect s’est plutôt exercé à rapporter divers états les uns aux autres, ainsi que les relations des mouvements et des personnes, d’une espèce à une autre, d’un individu à un autre ; il lui est alors venu les significations que nous avons décrites, lesquelles peuvent atteindre un nombre qui échappe au décompte. Il est donc apparu que ces significations ne renvoient pas à l’essence même, mais à de simples pensées, et celles-ci se contredisent. » (2)