On rétorque : qu’est-ce qui empêcherait qu’un même acte renferme deux qualités distinctes, chacune produisant un effet différent de l’autre, l’une de ces deux qualités – et l’effet qui lui correspond – étant prioritaire parce que son intérêt prévaut ? Dès lors, si l’on rattachait à l’acte l’effet lié à l’autre qualité, l’intérêt prépondérant voulu par la sharîʿa et par la raison se trouverait manqué ?!
Tel est, en réalité, ce que nous observons concrètement : nous le constatons par nos sens dans les propriétés des aliments, des remèdes et de toute autre substance matérielle perceptible ; à plus forte raison en va-t-il ainsi des qualités des actes, que seule l’intelligence appréhende.
Les exemples de ce genre, dans la sharîʿa, se comptent par milliers.
Ainsi, la prière accomplie durant les heures d’interdiction comporte certes l’intérêt de multiplier l’adoration, d’accroître les profits spirituels, d’augmenter la récompense et de se rapprocher du Maître des maîtres ; mais elle recèle aussi le préjudice d’une ressemblance purement formelle (1) avec les mécréants et les adorateurs du soleil (2). Le fait de s’en abstenir présente, quant à lui, l’intérêt de fermer la porte du polythéisme et de sevrer les âmes de toute imitation des mécréants (3), même au moment du culte.
Ce préjudice l’emporte, pour la prière faite durant les moments interdits, sur l’intérêt qu’elle recèle ; si elle avait été prescrite au nom de cet intérêt, l’avantage lié à son abandon se serait perdu et le préjudice de la ressemblance – plus grave que l’intérêt de ladite prière à ce moment-là – se serait réalisé.
Et comme (4) l’intérêt que représente l’accomplissement des obligations à ces heures est, lui, plus prépondérant que