Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On rétorque : qu’est-ce qui empêcherait qu’un même acte renferme deux qualités distinctes, chacune produisant un effet différent de l’autre, l’une de ces deux qualités – et l’effet qui lui correspond – étant prioritaire parce que son intérêt prévaut ? Dès lors, si l’on rattachait à l’acte l’effet lié à l’autre qualité, l’intérêt prépondérant voulu par la sharîʿa et par la raison se trouverait manqué ?!

Tel est, en réalité, ce que nous observons concrètement : nous le constatons par nos sens dans les propriétés des aliments, des remèdes et de toute autre substance matérielle perceptible ; à plus forte raison en va-t-il ainsi des qualités des actes, que seule l’intelligence appréhende.

Les exemples de ce genre, dans la sharîʿa, se comptent par milliers.

Ainsi, la prière accomplie durant les heures d’interdiction comporte certes l’intérêt de multiplier l’adoration, d’accroître les profits spirituels, d’augmenter la récompense et de se rapprocher du Maître des maîtres ; mais elle recèle aussi le préjudice d’une ressemblance purement formelle (1) avec les mécréants et les adorateurs du soleil (2). Le fait de s’en abstenir présente, quant à lui, l’intérêt de fermer la porte du polythéisme et de sevrer les âmes de toute imitation des mécréants (3), même au moment du culte.

Ce préjudice l’emporte, pour la prière faite durant les moments interdits, sur l’intérêt qu’elle recèle ; si elle avait été prescrite au nom de cet intérêt, l’avantage lié à son abandon se serait perdu et le préjudice de la ressemblance – plus grave que l’intérêt de ladite prière à ce moment-là – se serait réalisé.

Et comme (4) l’intérêt que représente l’accomplissement des obligations à ces heures est, lui, plus prépondérant que

(1) Passage absent des manuscrits T et Q. (2) Le manuscrit Q porte : « … des mécréants dans le culte du soleil ». Voir également : Ibn al-Qayyim, Zad al-Maʿad, t. 4, p. 78 ; id., Al-Daʾ wa-l-Dawāʾ, p. 309. (3) Omission dans le manuscrit T, depuis la première occurrence jusqu’ici, due à une saute de regard du copiste. (4) Les copies de base lisent « walahadha » (pour cela), lecture fautive.
فيقال: وما الذي يُحِيلُ أن يكون الفعلُ مشتملًا على صفتَين مختلفتَين تقتضي كلُّ منهما أثرًا غيرَ الأثر الآخر، وتكونُ إحدى الصِّفتَين والأثرَين أولى به، تكونُ مصلحتُه أرجح، فإذا رُتِّبَ على صفته الأخرى أثرُها فاتت المصلحةُ الراجحةُ المطلوبةُ شرعًا وعقلًا؟! بل هذا هو الواقع، ونحن نجدُ هذا حِسًّا في قُوى الأغذية والأدوية ونحوها من صفات الأجسام الحِسِّية المُدْرَكة بالحِسِّ، فكيف بصفات الأفعال المُدْرَكة بالعقل؟ وأمثلةُ ذلك في الشريعة تزيدُ على الألْف. فهذه الصَّلاةُ في وقت النهي: فيها مصلحةُ تكثير العبادة، وتحصيل الأرباح، ومزيد الثَّواب، والتقرُّب إلى ربِّ الأرباب، وفيها مفسدةُ المشابهة الصُّوريَّة (١) بالكفَّار وعُبَّاد الشمس (٢)، وفي تركها مصلحةُ سَدِّ ذريعة الشِّرك، وفَطْم النُّفوس عن المشابهة بالكفَّار (٣) حتى في وقت العبادة. وكانت هذه المفسدةُ أولى بالصَّلاة في أوقات النهي من مصلحتها، فلو شُرِعَت لما فيها من المصلحة لفاتت مصلحةُ التَّرك، وحَصَلت مفسدةُ المشابهة التي هي أقوى من مصلحة الصَّلاة حينئذ. ولمَّا (٤) كانت مصلحةُ أداء الفرائض في هذه الأوقات أرجحَ من
(١) ليست في (ت، ق). (٢) (ق): «بالكفار في عبادة الشمس». وانظر: «زاد المعاد» (٤/ ٧٨)، و «الداء والدواء» (٣٠٩). (٣) سقط من (ت) من الموضع الأول إلى هنا؛ لانتقال نظر الناسخ. (٤) في الأصول: «ولهذا». وهو تحريف.

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