Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et, si l’on quitte ce point de vue, le plus qu’on puisse dire est ceci : la Loi révélée comporte certes des données que la raison humaine est incapable de saisir, mais elle n’édicte rien que l’intellect tienne pour impossible. Nous ne contestons nullement ce fait ; cependant, il n’en découle pas que l’on doive nier les sagesses et les intérêts inhérents aux actes en eux-mêmes. Allah est plus savant.

  1. Votre affirmation selon laquelle : « Il apparaît ainsi que les significations dégagées ne sont qu’un simple produit de l’esprit, une pure construction mentale, sans que l’acte les contienne » (1) est d’une fausseté et d’une corruption extrêmes ; les gens de science et d’équité ne sauraient l’agréer, et le seul fait de la concevoir correctement suffit à constater son invalidité pour de multiples raisons.

La première : la raison comme la nature primordiale en attestent la fausseté, et la réalité la dément. En effet, la plupart des significations déduites des prescriptions ne procèdent pas de simples élaborations mentales étrangères à la réalité des actes ; prétendre le contraire revient à une obstination telle qu’elle ne fait que fragiliser la thèse défendue.

Ces significations tirées des prescriptions existent bel et bien et sont perceptibles ; tout esprit éclairé sait qu’elles ne sont pas l’invention du mental, mais que celui-ci les a reconnues et comprises. La relation de l’intellect à leur égard est comparable à celle de la vue pour les couleurs, de l’ouïe pour les sons, du goût pour les saveurs et de l’odorat pour les parfums. Est-il admissible qu’un homme sensé prétende que ces perceptions seraient fabriquées par les sens eux-mêmes ?!

De même, lorsque l’intellect discerne ce que renferment le mensonge, la dépravation et la ruine du monde

(1) Voir : p. 987.
وبعد النُّزول عن هذا المقام، فأقصى ما فيه أن يقال: إنَّ الشريعة جاءت بما يَعْجَزُ العقلُ عن إدراكه، لا بما يُحِيلُه العقل، ونحن لا ننكرُ ذلك، ولكن لا يَلْزَمُ منه نفيُ الحِكَم والمصالح التي اشتملت عليها الأفعالُ في ذواتها، والله أعلم. الوجه الثَّامن والخمسون: قولكم: «وظَهَرَ بهذا أنَّ المعاني المستنبطةَ راجعةٌ إلى مجرَّد استنباط العقل، ووضعِ الذِّهن، من غير أن يكون الفعلُ مشتملًا عليها» (١) = كلامٌ في غاية الفساد والبطلان، لا يرتضيه أهلُ العلم والإنصاف، وتصوُّره حقَّ التصوُّر كافٍ في الجزم ببطلانه من وجوهٍ عديدة: أحدها: أنَّ العقلَ والفطرةَ يشهدان ببطلانه، والوجود يكذِّبه؛ فإنَّ أكثر المعاني المستنبطة من الأحكام ليست من أوضاع الأذهان المجرَّدة عن اشتمال الأفعال عليها، ومُدَّعِي ذلك في غاية المكابرة التي لا تُجْدِي عليه إلا تَوْهِينَ المقالة. وهذه المعاني المستنبطةُ من الأحكام موجودةٌ مشهودة، يعلمُ العقلاءُ أنها ليست من أوضاع الذِّهن، بل الذِّهنُ أدركها وعَلِمَها، وكان نسبةُ الذِّهن إلى إدراكها كنسبة البصر إلى إدراك الألوان وغيرها، وكنسبة السَّمع إلى إدراك الأصوات، وكنسبة الذَّوق إلى إدراك الطُّعوم، والشَّمِّ إلى إدارك الرَّوائح، فهل يسوغُ لعاقلٍ أن يدَّعيَ أنَّ هذه المُدْرَكاتِ من أوضاع الحواسِّ؟! وكذلك العقلُ إذا أدرَك ما اشتملَ عليه الكذبُ والفجورُ وخرابُ العالم
(١) انظر: (ص: ٩٨٧).

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